vous êtes ici : accueil > Actualité > A la DGFiP
La direction générale des finances publiques a publié son schéma directeur du numérique pour les années à venir. Si elle prend acte de la nécessité de moderniser son historique système d’information, ou d’intégrer vertueusement les nouvelles technologies, elle met aussi en lumière l’indispensable accompagnement de ses agents, dont le numérique demeure quasi majoritaire au sein de leurs missions.
“L’État n’a pas de bouton pause.” Les propos de Tomasz Blanc, directeur des systèmes d’information de la direction générale des finances publiques (DGFiP), interviennent dans le cadre de la publication du nouveau schéma directeur du numérique. Un document, que la direction vient de publier, fixant ses priorités en matière de numérique et structurant les grandes orientations stratégiques pour les années à venir.
La direction pilotée par Amélie Verdier fait face à plusieurs enjeux concernant sa transformation numérique : d’abord un chantier de taille, qui consiste à moderniser son historique système d’information, dont la dette technique s’est accumulée ces dernières années. Mais aussi l’intégration de nouveaux enjeux, comme celui du pilotage par la donnée, de la sécurité de ces dernières ou encore de l’intelligence artificielle. Autant de leviers qui vont modifier, en profondeur, les méthodes de travail des agents de la direction générale des finances publiques. D’autant que, par nature, les missions des agents des finances publiques sont profondément liées aux outils qu’ils utilisent : l’environnement applicatif numérique de la direction ne peut connaître ni discontinuité, ni perte de compétence.
Une feuille de route co-conçue
Dans cette feuille de route, la question de l’accompagnement des agents dans ces transformations est donc saillante, avec la volonté de ne pas ajouter aux agents de nouvelles contraintes mais plutôt de leur dégager du temps. Pour ce faire, la direction invoque plusieurs principes, dont celui notamment d’associer directement les métiers. Le schéma directeur du numérique a été conçu avec un comité éditorial, qui regroupe “des représentants de haut niveau des services territoriaux, des services métier de la sécurité des systèmes d’information et de la direction de la transformation numérique”. Les utilisateurs internes ainsi que les directions métiers associées au numérique ont également pris part à la coconstruction de ce document.
De la même manière que l’administration en général, la volonté de la DGFiP consiste à permettre à ses agents de se libérer d’une partie de leurs tâches répétitives et à faible valeur ajoutée. C’est sous ce prisme qu’elle envisage d’outiller ses agents avec l’intelligence artificielle. “L’innovation et l’IA ne changent pas les missions de la DGFiP, elles nous donnent les moyens de les accomplir mieux, plus vite, pour chacun”, précise, dans le document, Benoît Rouppert, directeur de la transformation numérique.
Des outils et une doctrine
Parmi les outils déjà mis en œuvre, celui du “Langage clair”, par exemple. Progressivement déployé cette année, il permet de reformuler des textes complexes – fiscalité, langage administratif – en termes compréhensibles pour l’usager. La DGFiP a mis en place une doctrine de l’usage de l’intelligence artificielle à destination de ses agents. L’objectif principal de ce texte, co-construit avec “des contributeurs issus de différents univers de la direction”, est de “garantir aux utilisateurs une connaissance claire de leurs droits et devoirs en matière d’IA, et de servir de guichet unique orientant chaque agent vers la ressource adéquate”, précise le document.
Pour accompagner les agents, la direction de la transformation numérique organise, quant à elle, régulièrement des “actions d’ampleur” en matière d’acculturation. Et les besoins en formation et en internalisation des compétences demeurent nombreux, notamment alors que la DGFiP se tourne de plus en plus vers le cloud (30 % des applications dans le cloud estimées en 2027, contre environ 23 % aujourd’hui), avec l’usage de son cloud Nubo, par exemple. “L’adaptation à ces nouveaux défis technologiques et méthodologiques nécessite l’acquisition d’un nombre important de compétences internes, et se traduit donc par un besoin de formation pour un public élargi à l’ensemble de la DGFiP”, détaille la feuille de route.
Plus largement, la direction a conscience que le numérique a dépassé le simple champ de la DSI au sein de ses missions, qui relèvent a minima de l’informatique, pour la plupart. “Le numérique ne constitue pas uniquement un sujet de support, assimilé à un métier transverse : c’est un métier à part entière qui imprègne l’intégralité des missions de la DGFiP. […] Pour satisfaire à l’ensemble de ces aspirations, des actions approfondies restent nécessaires en matière d’acculturation et de formation au numérique afin de développer une meilleure collaboration entre les acteurs”, précise la direction.
Article Acteurs Publics du 25 juin 2026
Article publié le 26 juin 2026.