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La direction générale des finances publiques a acté, par décret, plusieurs évolutions importantes concernant le recrutement et la promotion de ses effectifs de catégorie A. Parmi eux, l’ouverture du concours interne d’inspecteur des finances publiques aux contractuels de catégorie A et B, qui s’inscrit dans un contexte de contractualisation croissante des effectifs de la structure dirigée par Amélie Verdier.
“Nous tirons la conséquence de l’évolution à la fois naturelle et réglementaire de notre modèle de fonction publique.” C’est ainsi que Christophe Landour, sous-directeur des effectifs, des parcours et des compétences, présente la dernière évolution de taille actée par la direction générale des finances publiques (DGFiP). Un décret daté du 9 juin dernier fait en effet évoluer les modalités de recrutement et de promotion au sein de ce mastodonte de Bercy dirigé par Amélie Verdier, qui emploie 95 000 agents en centrale et dans les territoires. Le texte en question donne, entre autres, la possibilité aux contractuels de catégorie A et B de tenter leur chance au concours interne d’inspecteur des finances publiques. Un changement de taille : jusqu’ici, l’accès à ce corps de catégorie A n’était possible, pour les agents sous contrat, qu’en tentant leur chance au concours externe.
Cette nouveauté, que la DGFiP ne présente pas comme une révolution mais comme “une étape supplémentaire dans la modernisation en cours de nos concours”, intervient dans un contexte où la direction générale fait la part belle aux contractuels, qui représentent désormais près de 5 % de ses effectifs, contre moins de 0,5 % avant la loi de transformation de la fonction publique de 2019. “On a un monde qui se mélange de plus en plus, et se dire qu’on ne réserve les épreuves de promotion interne qu’à des titulaires, c’est ne pas prendre en compte l’évolution de nos effectifs depuis plusieurs années”, explique Christophe Landour.
Au-delà des plus de 1 000 places proposées au concours externe, les contractuels pourront donc désormais briguer une partie des 500 habits de titulaires offerts chaque année via la promotion interne de B vers A. Ce qui représente tout de même une petite révolution dans l’ensemble de l’administration, où l’accès en interne à la catégorie A reste encore, partout ailleurs, la chasse gardée des titulaires.
Une solution pour les contractuels arrivant au bout de leur CDD ?
Si la DGFiP présente ce changement comme une manière d’augmenter l’attractivité de ses emplois, le point de vue n’est pas partagé au niveau syndical. Pour Sandra Demarcq, secrétaire nationale de Solidaires Finances publiques, “mettre en place ce concours interne, c’est mettre encore plus de dualité entre les fonctionnaires et les contractuels, et réduire les possibilités de promotion sociale des agents titulaires de catégorie B”. La représentante syndicale défend, dans ce cadre, l’ouverture d’un concours spécifique pour les contractuels, “qui n’aurait pas d’influence sur le taux de promotion interne général”. Un argument rejeté par Christophe Landour, pour qui “il n’est plus logique de continuer à fonctionner en silo” du fait de la “mixité” grandissante des équipes des finances publiques.
L’ouverture de ce concours interne pourrait, en sus, permettre à la DGFiP d’anticiper une problématique RH qui arrive à grands pas, avec la fin des 6 années d’emploi en contrat à durée déterminée d’une partie de ses 4 500 contractuels, prévue fin 2026. “C’est une coïncidence qui tombe bien, sourit Christophe Landour, mais ce n’est pas la raison principale de notre décision.” Car la DGFiP exclut d’ores et déjà une CDIsation massive difficile à faire passer auprès d’organisations syndicales encore attachées à la fonction publique de carrière. Elle doit en effet réfléchir à ce qu’elle fera d’une population sous contrat (âgée en moyenne de 38 ans), qui a été formée et a donné satisfaction, mais dont une partie sera forcée d’aller voir ailleurs en l’absence de fonction pérenne en interne. En outre, la réussite aux concours permet la reconnaissance de l’ancienneté qui n’est actuellement pas prise en considération lors du recrutement sous contrat.
Un concours sur titres pour les informaticiens
Toujours concernant la catégorie A, le décret du 9 juin acte également un changement important pour un autre concours : celui du recrutement externe des inspecteurs informaticiens. La direction générale a ainsi décidé de supprimer les épreuves écrites et de les remplacer par une sélection sur titres – donc en fonction du diplôme – complétée, ensuite, par une épreuve orale. “Même si nous n’avons pas de sujet réel de manque d’attractivité pour ce corps, demander à des inspecteurs analystes de repasser une épreuve écrite assez académique, en plus d’une épreuve technique, n’était pas forcément raccord avec le marché de l’informatique où les modes de recrutement sont très différents”, explique Christophe Landour.
De quoi, là aussi, mettre en rogne Solidaires, qui met en avant “la fin de la possibilité donnée à des agents titulaires qui n’auraient pas de diplôme informatique de passer ce concours” mais aussi le risque de renforcer les inégalités de genre dans les effectifs informatiques de la direction générale, “alors que la grande majorité des diplômés sont des hommes”. Une éventualité reconnue par la direction, qui tempère tout de même ses conséquences : “Ces changements ne vont pas renforcer la féminisation de nos services informatiques, mais ils ne vont pas la dégrader non plus, car la plupart des candidats au concours externe sont des diplômés. Mais si l’on s’aperçoit, dans trois ou quatre ans, que les écarts de genre sont devenus trop significatifs, il y aura, à ce moment-là, une réflexion à avoir.”
Article Acteurs Publics du 22 juin 2026
Article publié le 26 juin 2026.