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La DGFiP veut accélérer la réforme des centres de gestion financière, plus lente que prévu

Le déploiement des centres de gestion financière a ralenti en 2026, mais la direction générale des finances publiques (DGFiP) ne change pas de cap pour autant. Bercy vise 80 centres l’an prochain, et compte notamment sur eux pour réduire les délais de paiement de l’État.

La réforme des centres de gestion financière suit son cours. Au sein du “bleu” budgétaire publié dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027 consacré à la mission “Gestion des finances publiques”, Bercy présente l’avancée des politiques publiques relatives au recouvrement des recettes, au paiement des dépenses de l’État et aux fonctions d’état-major, d’expertises, de conseil et de contrôle des ministères économiques et financiers.

Outre le très médiatisé passage à la facturation électronique, parmi les principales réformes que conduira la DGFiP en 2027, figurent la modernisation de la chaîne financière et l’amélioration de son efficience. Cette démarche se traduit principalement par le soutien au déploiement de nouveaux centres de gestion financière.

“La DGFiP poursuivra la démarche de modernisation de la chaîne financière et d’amélioration de son efficience en soutenant le déploiement de nouveaux centres de gestion financière”, indique le projet annuel de performance. Pour optimiser le traitement et les circuits de la dépense de l’État, une réorganisation avait été expérimentée en 2022 en administration centrale et au sein de certains services déconcentrés, avant d’être progressivement généralisée depuis 2023. Concrètement, il s’agit de rapprocher les services facturiers de la sphère de l’État et les centres de services partagés, en créant des centres de gestion financière dans une logique de “synergies”. Les nouvelles structures sont placées sous l’autorité du comptable public.

Amélioration des circuits de la dépense

Ces nouvelles structures ont vocation à “fluidifier la chaîne de la dépense” et à simplifier les procédures, en réunissant les fonctions historiquement séparées de l’ordonnateur et du comptable sous une même autorité. L’ambition reste de généraliser le modèle du centre de gestion financière (CGF) à l’ensemble de la dépense des administrations centrales et déconcentrées de l’État, hormis celle concernant le personnel.

Le rythme de déploiement constitue un des enjeux. “Le déploiement des CGF se poursuit de manière progressive et adaptée aux spécificités de chaque ministère”, précise la DGFiP. L’administration recensait 30 centres de gestion financière mis en place en 2023, 42 en 2024, puis seulement 4 nouvelles structures avaient vu le jour en 2025. Cette même année, les CGF ont assuré le paiement de 121,57 milliards d’euros de dépenses de l’État, soit 17,4 % des 696 milliards d’euros dépensés au total. Le modèle a été généralisé à l’ensemble du périmètre des dépenses des ministères sociaux, de la Transition écologique, de l’Agriculture, de la Culture et des Finances.

“Le déploiement continue de progresser mais moins vite que prévu à partir de 2026”, pointe le document. Tandis que le “bleu” budgétaire de l’an dernier prévoyait, pour 2026, d’atteindre 68 centres, la direction générale des finances publiques annonce auprès d’Acteurs publics que 49 centres avaient vu le jour à la fin du premier semestre 2026, dont 42 dans les services déconcentrés et 7 en administrations centrales.

Les ministères bientôt concernés

L’objectif, pour 2027, est d’atteindre 80 CGF. Les chantiers entamés au ministère de la Justice devraient ainsi entrer dans leur phase finale l’an prochain. “Les ouvertures prévues à Marseille et Lyon en 2027 parachèveront le déploiement sur le périmètre déconcentré du secrétariat général, tandis que les travaux se poursuivent pour les services judiciaires”, indique la DGFiP.

Du côté de l’Éducation nationale, une mission conjointe a été confiée à la DGFiP et au département du contrôle interne et des systèmes d’information financière de l’Éducation nationale. Celle-ci “dressera un état des lieux et proposera un dispositif d’accompagnement prenant en compte les contraintes et les enjeux, afin de permettre une reprise maîtrisée de la trajectoire de déploiement des CGF au sein de ce ministère”. De nouvelles perspectives sont engagées pour 2027 au Quai d’Orsay, tandis que “les échanges se poursuivent avec le ministère de l’Intérieur et des Outre-mer”, conclut la DGFiP.

Réduction des délais de paiement

“Le déploiement des centres de gestion financière (CGF) présente aujourd’hui un bilan très positif”, se félicite la DGFiP. Ces nouveaux centres de gestion financière doivent notamment participer à la réduction des délais de paiement par l’État, qui demeurent élevés. Selon une étude de l’entreprise Altares publiée en septembre dernier, les services déconcentrés de l’État sont les plus “mauvais payeurs” de la sphère publique, devant les hôpitaux et les collectivités. Au premier semestre 2025, ils réglaient en moyenne leurs fournisseurs avec 25,4 jours de retard.

Pour inverser la tendance, Bercy fixe l’ambition de baisser ce taux de 0,5 point par an à partir de l’année prochaine. Le ministère se donne ainsi pour objectif de faire passer le taux de paiement en plus de 30 jours de l’ensemble des dépenses de l’État de 10,5 % en 2026 à 10 % en 2027, avant une nouvelle baisse de 9,5 % en 2028 et en 2029. “Une fluidification du traitement des factures, un règlement plus rapide aux créanciers, mais également un aplanissement des difficultés de traitement des dépenses complexes, doivent concourir à l’atteinte de ces cibles”, précise Bercy.

Par ailleurs, la mise à disposition de nouvelles restitutions dans le cadre de Chorus 2025 devrait, selon le ministère, permettre à terme de suivre le taux de pénétration du dispositif, “et de mettre en œuvre des plans d’action visant à étendre le périmètre à de nouvelles dépenses”. C’est en effet via l’application Chorus que les agents des centres de gestion financière assurent la gestion des actes de dépenses des services prescripteurs sur toute la chaîne de la dépense, de leur engagement au paiement. Ainsi, ils sont devenus les interlocuteurs privilégiés des services prescripteurs comme de leurs fournisseurs.

“Les CGF ont notamment démontré leur efficacité en matière de délais de paiement : ceux-ci sont passés de 11,61 jours en 2023 (pour 30 CGF déployés) à 10,27 jours en 2025 (pour 46 CGF déployés), contre respectivement 14,46 et 15,87 jours tous modes de gestion confondus, rapporte enfin la DGFiP. Ces résultats confirment les bénéfices du modèle pour fluidifier et sécuriser la chaîne de la dépense publique, et pour renforcer le pilotage de la chaîne de la dépense par les ministères.”

Article Acteurs Publics du 2 novembre 2026

Article publié le 4 novembre 2026.


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