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Suppressions de postes : Bercy se dit à l’os

Dans sa “revue des missions” transmise au gouvernement, le secrétariat général de Bercy estime que les ministères économiques et financiers – et notamment la direction générale des finances publiques – ont atteint leurs limites en matière de réduction d’effectifs. Un levier “largement épuisé” selon l’administration. Depuis 2013, le ministère a réduit de plus de 16 % ses effectifs, soit l’équivalent de 25 000 emplois supprimés.

Le message est transmis au gouvernement. Pas sûr néanmoins qu’il soit entendu dans le cadre des discussions sur le budget 2026, qui devrait déjà acter de nouvelles réductions d’effectifs dans la fonction publique. Après les syndicats, c’est désormais au tour de l’administration de Bercy de pointer les suppressions de postes en son sein. Les ministères économiques et financiers – et notamment sa direction générale des finances publiques (DGFiP) – ont atteint leurs limites en matière de réductions d’effectifs, affirme ainsi le secrétariat général de Bercy dans sa “revue des missions” transmise à l’exécutif. Celle-ci vient d’être présentée aux syndicats dans le cadre d’un groupe de travail sur la “refondation de l’action publique” lancée par le Premier ministre François Bayrou.

Depuis 2018, le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique a réduit ses effectifs “de près de 10 %”, soit 12 700 emplois supprimés, explique ainsi l’administration dans une note transmise au ministre Éric Lombard et qu’Acteurs publics a pu consulter. La baisse des effectifs atteint même “plus de 16 %” depuis 2013, soit 25 000 emplois en moins.

Au total, abonde l’administration, “l’effort réalisé par le ministère est commensurable à la totalité des créations d’emplois de l’ensemble de la fonction publique d’État sur la période “. Une réduction d’effectifs qui s’est d’ailleurs “réalisée à missions constantes”, assure-t-elle, en précisant que l’effort se poursuit aussi cette année, les suppressions d’emplois demandées au ministère s’élevant à – 575 ETP (équivalents temps plein) en 2025.

Un besoin d’investissements massifs

Sans surprise, le secrétariat général rappelle que le gros des efforts dans les coupes d’effectifs s’est porté sur la DGFiP et son réseau, avec 32 000 postes supprimés depuis 2008. C’est la conséquence, notamment, des différents processus de numérisation des procédures fiscales ou encore de la mise en œuvre du prélèvement à la source.

Au sein de ce réseau du fisc, le rythme de réduction des effectifs “reposait à la fois sur des départs en retraite nombreux et la mise en œuvre du nouveau réseau de proximité“, explique l’administration. À ses yeux néanmoins, “ces leviers sont aujourd’hui largement épuisés”. Et ce dans un contexte “où l’obsolescence des systèmes d’information nécessite des investissements massifs”.

Fort de ce constat, le secrétariat général estime que les éventuels gains à attendre de réformes organisationnelles “sont peu significatifs au regard des enjeux de maîtrise des dépenses publiques”. “Quelques” rationalisations pourraient toutefois “être envisagées” selon l’administration, pour qui l’essentiel des gains d’efficacité pourraient davantage être dégagés par le déploiement “raisonné” des systèmes d’intelligence artificielle. Mais, assure-t-elle, faut-il encore définir une “stratégie ministérielle associant une évaluation des opportunités et investissements à réaliser, une réflexion sur la transformation des métiers et une maîtrise des risques associés au déploiement de l’IA, dans un contexte où les enjeux de sécurité, de souveraineté, mais également d’acceptabilité sociale seront primordiaux”.

L’administration “n’est pas complètement dans le déni”, affirme FO
Les documents présentés par l’administration “peuvent paraître rassurants”, “aucune suppression de mission, pas de réorganisation d’ampleur”, réagit FO Finances. L’administration “n’est pas complètement dans le déni”, abonde la fédération, en partageant le constat fait par le secrétariat général qui “a fait valoir au niveau interministériel, toutes les transformations et réformes que le ministère a déjà subies, voulant que les efforts déjà fournis soient pris en compte, par rapport à d’autres ministères”. Le syndicat n’est pas pour autant convaincu par les formules employées par les politiques pour présenter cette “refondation de l’action publique”, telles qu’amélioration du service, efficacité ou efficience : “Ces termes nous hérissent le poil. Inexorablement, cela aboutit à des réformes, des pertes de moyens et d’effectifs”.

Article Acteurs Publics du 1 juillet 2025

Article publié le 4 juillet 2025.


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