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Le gouvernement a annoncé ce jeudi qu’au 1ᵉʳ juin, l’indemnité différentielle sera mise en œuvre. Cette décision fait suite à la hausse du Smic de 2,41 % à la même date. 306 000 agents de l’État seront concernés.
C’était prévisible, mais le gouvernement a attendu la toute fin du mois de mai pour le confirmer. À la suite de la revalorisation du Smic de 2,41 % prévue au 1ᵉʳ juin, le ministère de l’Action et des Comptes publics annonce la mise en place de l’indemnité différentielle destinée à garantir qu’aucun agent public ne perçoive une rémunération indiciaire inférieure au salaire minimum. Selon un communiqué publié ce jeudi 28 mai, environ 862 000 agents publics sont concernés, dont 306 000 agents de l’État.
Prévue par un décret de 1991, cette indemnité est calculée sur la rémunération indiciaire de base, hors primes et indemnités. Elle bénéficie ainsi aux agents dont le traitement indiciaire est rattrapé par la hausse du Smic, indépendamment des primes qu’ils perçoivent par ailleurs. Le gouvernement précise que ces primes représentent en moyenne 23,9 % du salaire brut mensuel des agents de catégorie C concernés par l’indemnité différentielle, et 28,6 % pour les agents de catégorie B.
Pour les agents qui percevaient déjà cette indemnité à la suite de précédentes hausses du Smic, son montant sera revalorisé à compter du 1ᵉʳ juin. Pour les nouveaux bénéficiaires, il dépendra de leur indice de rémunération. Le montant maximal de l’indemnité différentielle atteindra 65,28 euros bruts par mois. Cette confirmation intervient alors que les organisations syndicales alertaient depuis plusieurs jours sur les effets de la nouvelle hausse du Smic sur les grilles de rémunération de la fonction publique. Dans un courrier commun adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu, elles estimaient qu’au moins 700 000 agents seraient à nouveau rattrapés par le minimum légal au 1ᵉʳ juin, en plus des 356 000 agents percevant déjà une indemnité différentielle. Elles dénonçaient un nouveau tassement des grilles et rappelaient que cette indemnité, non prise en compte dans le calcul des pensions de retraite, ne peut tenir lieu de politique salariale.
Tassement des grilles
Le sujet avait également été soulevé par le collectif Sens du service public, pour qui le relèvement du Smic accentue le déclassement salarial des agents. Ses travaux soulignent notamment qu’un agent de catégorie C ayant 19 ans d’ancienneté ne gagnerait plus, en moyenne, que 38 euros bruts mensuels de plus que le Smic. En catégorie B, un agent comptant 6 ans d’ancienneté ne percevrait plus que 33 euros bruts de plus, contre 128 euros en 2023. La catégorie A serait elle aussi désormais touchée, avec un écart de seulement 77 euros bruts pour un agent au premier échelon.
Le gouvernement présente cette indemnité comme “une réponse immédiate” à la revalorisation du Smic. Il l’inscrit dans le cadre des travaux engagés par David Amiel sur les rémunérations et les carrières, qui doivent porter, dans une perspective pluriannuelle, sur la structure des rémunérations, la reconnaissance des responsabilités et la lisibilité des parcours professionnels. Pour les syndicats, l’urgence reste celle d’une revalorisation générale du point d’indice. Ils estiment que les mesures prises depuis 2022 n’ont pas compensé l’inflation et que l’absence de reconduction de la garantie individuelle de pouvoir d’achat alimente une exaspération croissante dans la fonction publique.
Article Acteurs Publics du 28 mai 2026
Article publié le 1er juin 2026.