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Budget 2027 : le gouvernement projette la création nette de 8 000 postes de fonctionnaires de l’État

Malgré les “efforts” annoncés sur la masse salariale de l’État, le projet de loi de finances pour 2027 prévoit la création nette de 8 025 équivalents temps plein dans la fonction publique d’État. Les suppressions, elles, restent limitées : 812 postes en administration centrale et 1 209 chez les opérateurs.

Ce n’est définitivement pas sur la réduction du nombre de fonctionnaires que le gouvernement Lecornu mise pour réaliser des “efforts sur la masse salariale de l’État” au sein de sa première copie de budget pour 2027. Certes, il prévoit un gel du point d’indice et des mesures catégorielles “extrêmement limitées”. Mais au global, le projet de loi de finances prévoit bien la création nette de 8 025 équivalents temps plein au sein de la fonction publique de l’État – hors opérateurs -, même si la présentation officielle des documents budgétaires ne le fait pas apparaître clairement. Le dossier met d’ailleurs en avant une stabilité. Cette opération de communication politique alambiquée, loin d’être anodine, traduit un exercice d’équilibriste. L’exécutif doit en effet désormais composer avec la colère sociale qui gronde dans la rue et la pression croissante des marchés financiers. Les taux auxquels la France emprunte atteignent ces jours-ci des niveaux inédits.

Dans le détail, les ministères de l’Intérieur, des Armées, de la Justice comme l’Éducation nationale voient ainsi leur volume d’emplois augmenter de manière non négligeable. Des suppressions de postes sont pour autant bien prévues. Mais elles demeurent limitées. Ainsi, 812 emplois au sein de l’administration centrale ont vocation à disparaître, et 1 209 ETP devraient s’éteindre au sein des opérateurs. Pour rappel, l’État et ses opérateurs comptent plus de 2,5 millions d’agents.

Comment les arbitrages ont-ils été pris pour identifier les administrations concernées par ces quelques baisses ? “Chaque ministère pourra expliciter comment il a fait ses choix de gestion, indique l’entourage du ministre David Amiel. Mais globalement, en ce qui concerne le ministère de l’Action et des Comptes publics, nous avons fait le choix de créer 200 effectifs supplémentaires sur le terrain, et à l’inverse on supprime des effectifs en administration centrale.” Ces 200 créations étaient attendues, dans la mesure où elles s’inscrivent dans le cadre du Plan Douanes 2030, présenté durant l’été. Au total, le gouvernement s’était engagé à ouvrir 545 ETP d’ici 2030.

Les fonctions non opérationnelles délaissées

Cette hausse de la masse salariale de l’État vise à “privilégier les créations de postes indispensables au cœur des services publics”, selon le document de présentation du budget. Sont ainsi visés les postes de professeurs, de policiers et de gendarmes, les douaniers, les magistrats ou les greffiers. On retrouve une forme de “réorientation terrain”, avec des créations qui s’accompagnent de suppressions de postes. Mais dont l’ordre de grandeur est sans commune mesure. Illustration : tandis que le ministère des Armées se voit doté de plus de 2 000 nouveaux ETP pour 2027 – conformément à la loi de programmation militaire –, le projet de budget présente une diminution de 50 postes au sein de ce même ministère, en administration centrale.

Même phénomène à l’Éducation nationale : les effectifs totaux augmentent de pas moins de 3 257 ETP, tandis que 50 postes sont supprimés en administration centrale. À l’Intérieur, en contrepartie des 1 381 postes créés, 101 postes sont supprimés en centrale. À la Justice, les 1 301 nouveaux équivalents temps plein s’accompagnent aussi d’une suppression de 50 emplois.

La ventilation ne s’opère pas seulement au niveau des postes opérationnels : comme l’avait annoncé auprès d’Acteurs publics le cabinet du ministre David Amiel, le gouvernement entend opérer une “réinternalisation numérique”, au travers de 404 créations de postes dédiés au sein des différents ministères (voir encadré). Des recrutements qui réduisent donc de facto de moitié la coupe dans la masse salariale opérée au sein de l’administration centrale. Mais le gouvernement l’assure : au-delà d’améliorer la résilience des services de l’État, la démarche permettra de réaliser des économies. “Il se trouve que cela coûte moins cher, il s’agit donc d’une démarche de réinternalisation de bonne gestion”, déclare-t-il.

Enjeux méthodologiques

À noter que les volumes de baisse d’ETP chiffrés à – 1 076 ETP au sein de la fonction publique incluent les caisses de sécurité sociale. Dans sa communication, le gouvernement a donc repris la méthodologie de calcul de l’an dernier, qui avait brouillé les pistes concernant l’évolution de la masse salariale dans la fonction publique. Pour rappel, tandis que le gouvernement se targuait de supprimer 3 000 emplois de fonctionnaires lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2026, il avait discrètement inclus, pour la première fois, les emplois de la Sécurité sociale au sein du calcul.

“Ce sont des agents, quels que soient leurs statuts, qui contribuent aux missions de services publics. Un effort de gestion est fait par les caisses de sécurité sociale à hauteur de 1 000 emplois l’an prochain, et cela nous paraissait important de le valoriser”, se justifie le gouvernement. Par ailleurs, il faut également prendre en compte les nouveaux postes d’enseignants, issus de la réforme de la formation initiale à l’Éducation nationale. Ces derniers représentent une hausse des effectifs non négligeable, à savoir plus de 4 742 ETP.

Ventilation des créations des nouveaux postes numériques affectés à chaque ministère
Dans quelles administrations vont atterrir les plus de 400 nouveaux agents dont le recrutement est prévu l’an prochain pour réinternaliser les compétences numériques ? Le projet de loi de finances pour 2027 en donne le détail :
– Action et Comptes publics : + 50 emplois numériques
– Aménagement du territoire et Décentralisation : + 10 emplois numériques
– Armées et Anciens combattants : + 10 emplois numériques
– Culture : + 15 emplois numériques
– Éducation nationale : + 37 emplois numériques
– Enseignement supérieur et Recherche : + 7 emplois numériques
– Intérieur : + 60 emplois numériques
– Justice : + 50 emplois numériques
– Services du Premier ministre : + 40 emplois numériques
– Transition écologique : + 53 emplois numériques
– Ville et Logement : + 60 emplois numériques
– Publications officielles et information administrative : + 5 emplois numériques
– Contrôle et exploitation aériens : + 7 emplois numériques

Article Acteurs Publics du 1 octobre 2026

Article publié le 2 octobre 2026.


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