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Budget : le rapporteur général Philippe Juvin appelle au gel des avancements automatiques dans la fonction publique

Dans un rapport sur le projet de loi de finances 2026, le rapporteur général du budget Philippe Juvin pousse au gel des avancements automatiques des agents publics. Un totem statutaire. Le député LR propose d’appliquer cette mesure uniquement au sein de la fonction publique d’État. Économie attendue en 2026 : 1,4 milliard d’euros. Selon son scénario, les agents les moins bien payés en seraient exonérés.

La proposition ferait l’effet d’une bombe si elle était effectivement mise en œuvre. Pour réaliser des économies, le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, Philippe Juvin, pousse au “gel des avancements automatiques” au sein de la fonction publique. “Un gel des avancements automatiques d’échelons et de grades pourrait être envisagé pour limiter la dynamique salariale”, affirme ainsi le député LR des Hauts‑de‑Seine dans son “exposé général” sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2026.

Dans le détail, le rapporteur propose un “report” des revalorisations automatiques des agents publics “par un blocage temporaire de la constitution d’ancienneté durant une année blanche”. Dans son viseur sans surprise : le fameux “glissement vieillesse technicité” (GVT), un terme technique bien connu du monde de la fonction publique et qui correspond à l’augmentation quasi automatique des rémunérations des agents publics. Un totem statutaire auquel sont très attachées notamment les organisations syndicales.

Ce dispositif agrège en effet différents facteurs de hausse de la rémunération individuelle des agents publics dont les promotions au choix dans un corps ou dans un grade (la composante “glissement”), l’avancement quasi‑automatique de la grille indiciaire au titre de l’ancienneté (la composante “vieillesse”) et, enfin, le changement de grade ou de corps par le biais d’un concours ou d’un examen professionnel (la composante “technicité”).

Exonération des agents les moins bien payés, mesure ciblée sur l’État

Selon le scénario proposé par Philippe Juvin, ce gel des avancements ne nécessiterait pas forcément un passage par la loi. À ses yeux, cette mesure pourrait effectivement être mise en œuvre par voie réglementaire, les statuts des différents corps étant régis, pour beaucoup, par décrets.

Pour le rapporteur général, ce gel ne devrait pas pour autant être appliqué de manière homogène. Il insiste à ce propos sur la nécessité d’“anticiper” certains cas particuliers comme les promotions et reclassements “pour garantir une mise en œuvre cohérente et équitable”. Philippe Juvin le concède aussi : cette mesure “aurait naturellement un impact plus fort sur les agents situés en première moitié de carrière, qui ont des durées d’échelons plutôt plus courtes, et épargnerait a contrario les agents demeurant de nombreuses années au sommet de leur grade”.

Pour y remédier et “par souci de justice sociale”, le député plaide ainsi en faveur d’un “paramétrage adapté” qui exonérerait les agents les “moins rémunérés” de ce gel des avancements automatiques et donc notamment les agents de catégorie C. Au‑delà d’une application différenciée de la mesure selon le profil des agents publics, Philippe Juvin appelle uniquement à la mettre en œuvre dans la fonction publique d’État. “Une telle mesure n’est pas pertinente pour la fonction publique territoriale en raison du principe de libre administration des collectivités territoriales”, estime‑t‑il. Quant à l’hospitalière, poursuit‑il, “elle risquerait d’entrer en contradiction avec l’objectif de rattrapage des rémunérations issu des mesures du Ségur de la Santé”.

2,8 milliards d’euros d’économies potentielles

Selon son chiffrage, basé sur des informations transmises par le gouvernement Lecornu, un gel de ces avancements représenterait une économie totale de l’ordre de 2,8 milliards d’euros s’il était appliqué sur l’ensemble de l’année 2026. L’économie serait de 1,4 milliard pour la fonction publique d’État, de 0,8 milliard pour la territoriale et de 0,6 milliard pour l’hospitalière.

Peu de chances que ce gel soit réellement mis en œuvre au regard de la forte contestation que susciterait une telle mesure d’économies. La piste serait néanmoins rapidement discutée par les députés. Dans le cadre de l’examen en commission des finances du PLF 2026, des députés Horizons ont déposé un amendement pour “figer” en 2026 les crédits de personnel de l’État “au niveau voté” en 2025, ce qui neutraliserait donc l’effet du GVT l’année prochaine.

Cette dépense de personnel de l’État “entraîne chaque année une progression mécanique de la masse salariale”, regrettent ainsi les députés François Jolivet et Bertrand Bouyx dans leur amendement. Ce gel du GVT permettrait “de stabiliser la masse salariale, de réaliser plusieurs centaines de millions d’euros d’économies et d’envoyer un signal fort de responsabilité budgétaire”, abondent les parlementaires du parti d’Édouard Philippe. Le sujet sera évoqué ce dimanche 9 novembre dans le cadre de l’examen en commission des crédits de la mission “Transformation et Fonction publiques”. Une réunion qui promet de vifs débats sur ce sujet de la rémunération des agents publics.

Article Acteurs Publics du 6 novembre 2025

Article publié le 7 novembre 2025.


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