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Corruption : le gouvernement souhaite durcir les contrôles dans les administrations de l’État

Face à la hausse des atteintes à la probité dans la sphère publique et à la pression croissante de la criminalité organisée, le Premier ministre Sébastien Lecornu appelle les administrations et opérateurs de l’État à renforcer leurs dispositifs de prévention, de détection et de contrôle. Une circulaire du 18 août 2026 fixe deux priorités : mieux former les agents et consolider la réponse disciplinaire, ainsi qu’un suivi annuel assuré par l’Agence française anticorruption (AFA).

Dans la droite ligne du plan pluriannuel de lutte contre la corruption pour la période 2025-2029 publié par le gouvernement en novembre 2025, le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé à l’ensemble des ministères le 18 août 2026 une circulaire visant à renforcer la lutte contre les atteintes à la probité au sein des administrations et établissements publics de l’État.

“En raison du développement de la criminalité organisée, les administrations et les opérateurs de l’État sont exposés de façon croissante à des risques élevés d’atteinte à la probité eu égard à la nature de leurs missions, à leurs prérogatives et à leur accès à des informations ou procédures sensibles”, écrit notamment le Premier ministre en préambule du texte.

Selon les derniers chiffres publiés par l’Agence française anticorruption (AFA), le phénomène dans la sphère publique a enregistré une hausse de 16 % sur l’année 2025. 40 % de ces atteintes concernent des agents publics et, parmi eux, un tiers concerne des agents de l’État évoluant en centrale ou en services déconcentrés. L’AFA a d’ailleurs identifié dans son dernier rapport un risque majeur : celui de la pression de la criminalité organisée et, plus particulièrement, du narcotrafic sur les services régaliens.

Un aspect qui n’a pas échappé au gouvernement. “Des signaux concordants indiquent une augmentation des cas de consultation abusive de fichiers numériques contenant des données sensibles ainsi que des pressions ou actes d’intimidation à l’égard d’agents publics destinés à détourner des informations au profit de groupes relevant de la criminalité organisée”, peut-on également lire en introduction de la circulaire.

Le Premier ministre souhaite donc voir la mise en place de mesures complémentaires au plan national pluriannuel de lutte contre la probité, pouvant être mises en œuvre en application du droit existant et orientées autour de deux axes principaux : mieux prévenir et détecter les atteintes à la probité, et renforcer la politique disciplinaire.

“Il est nécessaire de prévenir et de détecter de façon plus efficace les atteintes à la probité au sein des administrations et opérateurs de l’État en renforçant la formation initiale et continue des agents publics, en portant une attention particulière aux agents les plus exposés, en encourageant les signalements, en identifiant systématiquement les applications et fichiers jugés sensibles, en les sécurisant davantage et en renforçant les contrôles afférents aux habilitations et consultations”, détaille Sébastien Lecornu.

Les dispositifs d’alerte existants restent sous-utilisés

Sur l’aspect formation, il est demandé aux écoles de service public de mettre en place, d’ici à la fin de l’année 2026, un module dédié aux atteintes à la probité pour être déployé dans l’ensemble des cursus à compter de 2027. Sur le sujet, deux publics font l’objet d’une attention particulière : les agents encadrants, pour leur rôle essentiel dans la détection des signaux faibles, et les agents contractuels, dont la formation sur ces questions est souvent moins développée.

Le Premier ministre insiste aussi sur le fait que les dispositifs d’alerte existants restent insuffisamment connus et utilisés par les agents et qu’il est nécessaire de renforcer la visibilité et l’opérationnalité de ces outils.

Sur le plan de la sécurité des données, Matignon invite aussi les administrations à identifier et cartographier les fichiers et applications présentant des risques particuliers en s’assurant qu’ils bénéficient d’un niveau de sécurité adapté. La lutte contre les atteintes à la probité au sein des administrations passera aussi, selon le gouvernement, par la consolidation des dispositifs de contrôle et d’audit internes.

Le deuxième axe de la circulaire vise à consolider la réponse disciplinaire apportée aux atteintes à la probité. Le Premier ministre souhaite que ces réponses soient “systématiques, cohérentes et proportionnées”. Il invite les administrations à systématiser l’engagement de poursuites disciplinaires “dès lors que des faits matériellement établis sont susceptibles de constituer un manquement, indépendamment de l’existence ou de l’issue d’une procédure pénale, en garantissant la cohérence des pratiques au sein de chaque administration pour les manquements les plus graves”. Sébastien Lecornu plaide également en faveur d’un renforcement des liens avec les parquets en améliorant le suivi et la visibilité des sanctions disciplinaires prononcées.

La mise en œuvre de ces mesures fera l’objet d’un suivi annuel par l’Agence française anticorruption. Enfin, les administrations et établissements publics de l’État doivent faire connaître au Premier ministre, avant le 15 octobre 2026, les actions mises en œuvre dans leur périmètre, notamment en matière de formation, de prévention et de cartographie des risques.

Article Acteurs Publics du 20 août 2026

Article publié le 20 août 2026.


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