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Fonction publique : l’absentéisme continue de baisser et se rapproche de celui du privé

Selon le rapport annuel sur l’état de la fonction publique publié ce jeudi 23 octobre, les agents publics se sont absentés en moyenne 11,1 jours en 2024 contre 10,6 jours dans le privé, un léger écart qui s’explique par les spécificités démographiques de la fonction publique.

Non, la fonction publique n’enregistrerait pas un absentéisme plus important que le secteur privé, lorsqu’on tient compte de la particularité de sa population d’actifs. C’est ce qui ressort du rapport annuel sur l’état de la fonction publique, publié ce jeudi 23 octobre. Depuis 2022, qui a constitué une année exceptionnelle – l’absentéisme des fonctionnaires était bien plus important que dans le privé -, le nombre de jours d’absence pour raison de santé diminue chez les fonctionnaires, et une nouvelle baisse a été enregistrée entre 2023 et 2024. “ En dehors de ce point particulier de 2022, les deux courbes ont toujours été très proches entre public et privé ”, assure la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP).

Ainsi, le taux d’absence pour raison de santé s’élevait à 11,1 jours en moyenne par agent en 2024. Un taux qui se rapproche du niveau moyen du privé, qui se chiffre lui à 10,6 jours. Il ne l’atteint pas, mais cela peut s’expliquer par les caractéristiques de la population globale de fonctionnaires. Elle compte davantage de femmes et d’actifs de plus de 50 ans qui, de manière générale, sont davantage sujets à l’absentéisme (voir encadré).

5 % d’agents absents par semaine pour raison de santé

Les durées d’absence continuent, elles aussi, de baisser au sein de la fonction publique, à hauteur de 0,9 jour en 2024 par rapport à 2023, faisant suite à la forte baisse enregistrée entre 2022 et 2023, à hauteur de – 2,6 jours. En parallèle, ces mêmes durées d’absence ont augmenté dans le secteur privé, de 0,3 jour par rapport à 2023, après la baisse de 1,4 jour enregistrée en 2023 par rapport à 2022. Autre lecture : en 2024, le taux d’agents absents au cours d’une semaine donnée pour raison de santé s’élevait à 5 %.

Dans le détail, les agents de la fonction publique d’État (hors enseignants) se sont absentés en moyenne 8,8 jours pour raison de santé, soit 0,5 jour de plus qu’en 2023. En revanche, le secteur des enseignants a vu baisser son absentéisme à hauteur de 1,2 jour, celui‑ci revenant à 8,2 jours en moyenne. Dans la fonction publique hospitalière, ce taux s’est élevé à 12,9 jours en 2024 (soit 1,2 jour de moins que l’année précédente), et à 13,3 jours dans la fonction publique territoriale, représentant une baisse de 1,7 jour.

Focus sur la santé des agents

Au sein de son rapport annuel, la DGAFP a également consacré un focus sur la “santé des agents publics en 2024”. “ Bonne nouvelle, la très grande majorité d’entre eux sont en bonne santé ”, assure la DGAFP. Ainsi, selon le rapport, 81 % des agents se déclarent en “bonne” ou en “très bonne” santé, un niveau comparable à celui des salariés du secteur privé (82 %).

Derrière ce chiffre positif, 28 % des agents déclarent souffrir d’une maladie ou d’un problème de santé chronique ou durable. Par ailleurs 4 % des agents relatent être fortement limités dans leurs activités quotidiennes pour des raisons de santé, tandis que 12 % évoquent des limitations modérées. “ Les différences de taux de féminisation, de vieillissement et de niveau de qualification expliquent l’essentiel des écarts entre la fonction publique et le privé sur ces trois indicateurs de santé “, explique à nouveau la DGAFP, qui considère par ailleurs cet écart comme “peu important”.

“L’état de santé perçu se détériore avec l’âge des agents et, pour chaque tranche d’âge, les hommes indiquent systématiquement un meilleur état de santé que les femmes”, pointe la DGAFP. Ces différences démographiques expliquent pourquoi les cadres administratifs et techniques, ainsi que les policiers, pompiers et militaires, affichent de meilleurs indicateurs de santé que les métiers à dominante féminine et aux effectifs plus âgés, comme les employés administratifs, les aides‑soignants et les agents de services.

1 fonctionnaire sur 5 présente un risque de symptômes dépressifs

La deuxième partie du dossier s’intéresse au bien‑être psychologique des agents. Si 8 agents publics sur 10 présentent un score de bien‑être psychologique qualifié “d’épanoui” ou de “satisfaisant”, certains chiffres sont plus inquiétants. En effet, 19 % des agents publics présentent un risque de symptômes dépressifs, soit près d’1 fonctionnaire sur 5. Un chiffre supérieur à celui du privé (16 %), mais là encore cela s’expliquerait par la composition de la population des fonctionnaires.

“Les femmes et les 50 ans ou plus présentent un risque plus important. À nouveau, à profil identique, les agents de la fonction publique ne sont pas plus exposés aux” symptômes dépressifs “que les salariés du privé”, explique la DGAFP. Enfin, les policiers, les militaires et les pompiers ainsi que les ouvriers présentent les scores associés à un risque de “symptômes dépressifs” les plus bas. “ Cela renvoie au fait que ce sont des populations plutôt jeunes ou plutôt masculines ”, analyse la DGAFP. À noter que le bien‑être psychologique des agents est mesuré selon l’indice de bien‑être psychologie de l’Organisation mondiale de la santé (WHO‑5) construit à partir de réponses à cinq questions, et que cela ne constitue en aucun cas un diagnostic médical.

Le vieillissement de la population des fonctionnaires se poursuit
“Les écarts entre versants et avec le privé sur la durée du travail et l’état de santé s’expliquent en partie par des effets de composition des populations étudiées”, indique la DGAFP. Elle a réalisé dans son rapport le “portrait‑robot” de l’agent public en 2024. C’est un agent “ relativement âgé ”, de 44 ans en moyenne, avec une pointe à 46 ans dans la fonction publique territoriale. Le vieillissement des agents est notable : en 2023, 2,2 millions d’agents de la fonction publique sont âgés de 50 ans ou plus, soit 37 % d’entre eux. “ Depuis 2011, le nombre d’agents de 50 ans ou plus ne cesse de progresser (+ 2,5 % en moyenne par an), avec une évolution particulièrement dynamique chez les contractuels (+ 5,1 % en moyenne par an) ”, pointe le rapport. Par ailleurs, la fonction publique est majoritairement composée de femmes, qui représentent 64 % des effectifs, – contre 47 % dans le privé -, avec une pointe à 78 % dans la fonction publique hospitalière. Ces différentes caractéristiques “ jouent sur la durée du travail et la santé ”, indique la DGAFP.

Article Acteurs Publics du 24 octobre 2025

Article publié le 28 octobre 2025.


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