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La DRH de l’État a confirmé que de nouvelles réductions de crédits pourraient toucher les prestations d’action sociale interministérielle dans le prochain projet de loi de finances. Après une baisse de plus de 50 millions au cours des deux dernières années, les syndicats de la fonction publique sont montés au créneau.
Le dernier comité interministériel de l’action sociale (CIAS), qui s’est tenu le 15 septembre dernier, a été une nouvelle occasion d’observer les écarts de point de vue entre l’administration et les syndicats. Alors que les autorisations d’engagement budgétaires de l’action sociale interministérielle (ASI) ont largement baissé entre 2024 et 2026, passant de 157 à 98 millions d’euros, la DRH de l’État était venue faire un point d’étape sur l’exécution budgétaire des crédits en question, par la voix de Sandra Daunis, la cheffe du bureau chargé de l’ASI. Avec un principal message : dans un contexte de contraintes budgétaires, de nouveaux efforts financiers devront être envisagés en vue du prochain budget.
Pour rappel, l’ASI est vouée à couvrir plusieurs volets de la vie quotidienne des agents publics, tels que la restauration collective, les aides au logement, la garde d’enfants et la participation aux vacances et aux loisirs culturels, via, notamment, les chèques-vacances.
Dans un cadre marqué par le serrage de ceinture, la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a donc effectué plusieurs annonces devant les syndicats. Parmi elles, le lancement d’un futur état des lieux pour identifier les difficultés économiques rencontrées par les restaurants interadministratifs, ainsi que la garantie du maintien du nombre de places en crèche offertes aux agents publics, face à la rumeur d’une possible réduction de cette manne. L’exercice 2026 a aussi été marqué par une baisse du recours aux chèques-vacances, a indiqué l’administration au cours de la réunion.
Plusieurs points de crispation
Deux autres points en particulier semblent crisper les syndicats de la fonction publique, qui ont fait part de leur inquiétude via un communiqué commun diffusé en marge du dernier CIAS. La diminution importante du nombre de bénéficiaires du chèque emploi-service universel (Cesu), une aide financière dédiée notamment à la garde d’enfants, fait tiquer les organisations syndicales (OS). “Jusqu’ici, seuls les deux tiers de l’enveloppe budgétaire consacrée aux Cesu ont été dépensés, et il est difficile d’imaginer parvenir à tout remplir”, alerte Stéphane Daval, conseiller national au sein de l’Unsa Fonction publique. Un chiffre qui s’explique par des critères d’éligibilité réduits avec une tranche retirée par rapport aux années précédentes, seules les familles monoparentales conservant les précédents critères d’attribution.
Par ailleurs, l’inaccessibilité persistante du site permettant aux agents d’effectuer une demande d’aide à l’installation des personnels (AIP) est également pointée du doigt par les organisations syndicales. Bloquée depuis plusieurs mois pour des raisons de sécurité, la plate-forme doit rouvrir le 6 octobre prochain. Ce qui devrait permettre à plus de 4 500 agents en attente de pouvoir bénéficier de cette allocation liée au logement et au déménagement, dont peuvent être bénéficiaires les agents à la suite de la prise d’un nouveau poste. “L’impossibilité pour les agents nouvellement affectés de déposer leur demande illustre concrètement la non-prise en compte des réels besoins des agents”, a déploré la CGT État dans un communiqué.
Plus largement, la sous-consommation des crédits de l’ASI, une tendance qui dure depuis plus de dix ans, fait craindre aux syndicats une nouvelle réduction des crédits dans le prochain PLF et que l’action sociale ne devienne une “variable d’ajustement budgétaire”.
Rappelons qu’en février dernier, la DGAFP avait annoncé le lancement prochain d’un “grand état des lieux” des prestations de l’action sociale interministérielle et ministérielle, pour rationaliser l’usage de prestations parfois doublonnées et arrêter le prochain budget dédié à ce volet. Or, comme le précise un représentant syndical, “aucun bilan d’étape ne nous a pour l’instant été présenté et aucune autorité politique n’était présente pour nous donner une vision stratégique au cours de nos précédents échanges”. Le prochain rendez-vous sur le sujet est prévu à la mi-octobre, à un mois et demi des prochaines élections professionnelles.
Article Acteurs Publics du 21 septembre 2026
Article publié le 21 septembre 2026.