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Fonction publique : sous pression salariale, le gouvernement tente de renouer le dialogue avec les syndicats

À quelques jours d’une nouvelle mobilisation dans la fonction publique prévue le 5 novembre, le cabinet du ministre de l’Action et des Comptes publics reçoit l’ensemble des organisations syndicales en réunions bilatérales. Ces échanges doivent permettre de prolonger le rendez-vous interprofessionnel qui a eu lieu à Matignon le 21 octobre et de revenir sur le pouvoir d’achat, les carrières et l’attractivité de la fonction publique, alors qu’aucune mesure générale n’est prévue dans le projet de loi de finances pour 2027.

C’est dans un contexte social extrêmement tendu et alors qu’une nouvelle mobilisation pour les salaires, le pouvoir d’achat et l’égalité professionnelle dans la fonction publique est prévue le 5 novembre, que le gouvernement rouvre le dialogue avec les organisations syndicales.

À compter de cette fin de semaine et jusqu’au 3 novembre, Claire Durrieu, directrice de cabinet du ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel, reçoit à l’occasion de réunions bilatérales l’ensemble des représentants syndicaux des agents publics.

“Il y a plusieurs objectifs à ces réunions bilatérales, précise-t-on au sein du cabinet. Prolonger la rencontre avec le Premier ministre du 21 octobre pour évoquer les questions propres à la fonction publique, entendre les organisations syndicales sur leurs attentes en matière de pouvoir d’achat et poursuivre les échanges engagés lors du rendez-vous salarial du 8 juillet et du rendez-vous de suivi du 2 octobre.”

Le courrier reçu par les organisations syndicales de la fonction publique les invite effectivement à échanger sur leurs préoccupations et attentes concernant la fonction publique “notamment en matière de pouvoir d’achat et de perspectives de carrières”, précise le document, sans plus de précisions.

Face à la grogne sociale qui sévit depuis la rentrée de septembre, le Premier ministre a effectivement reçu les organisations syndicales interprofessionnelles le 21 octobre, mais Matignon reste sourd face aux multiples demandes de rendez-vous envoyées par les syndicats de la fonction publique.

Dans le dernier courrier en date, transmis à Sébastien Lecornu le 20 octobre dernier, elles demandaient pour une énième fois à Matignon de les recevoir pour discuter de mesures générales qui pourraient être introduites dans le projet de loi de finances pour 2027 en cours d’examen parlementaire. Elles ne seront finalement reçues que par la directrice de cabinet du ministre Amiel. Un choix symbolique.

L’occasion de relayer les messages ayant justifié la mobilisation et les manifestations du 29 septembre, à savoir l’augmentation des pensions de retraite, le maintien de la rémunération en cas de congé maladie, des mesures ambitieuses en faveur de l’égalité professionnelle et des “moyens humains et budgétaires pour réaliser le service public dans l’intérêt général, en garantir l’égalité d’accès et répondre aux conséquences du dérèglement climatique.”

Pouvoir d’achat et perspectives de carrière

Lors des réunions bilatérales organisées par le cabinet du ministre Amiel, il y a pour autant fort à parier que les rémunérations seront au centre des discussions.

Pour rappel, le 2 octobre dernier, le ministre de l’Action et des Comptes publics convoquait les organisations syndicales de la fonction publique pour discuter des suites du rendez-vous salarial du 8 juillet, alors que le gouvernement venait de déposer au Parlement son projet de loi de finances pour 2027 confirmant l’absence de mesures générales. “Sans surprise, le ministre David Amiel n’y a fait aucune annonce susceptible de répondre aux enjeux de reconnaissance légitime de la dignité du travail des agents publics et de réduire la grave crise d’attractivité de la fonction publique”, dénonçaient alors les OS.

David Amiel avait annoncé un relèvement de l’indice minimum et d’autres mesures destinées à corriger les ralentissements de carrière pour certains corps. À noter que la perspective d’un “coup de pouce” autour du Smic d’un montant de 100 euros actuellement envisagé par le gouvernement, qui viendrait s’ajouter à la très probable revalorisation du salaire minimum en fonction de l’inflation en janvier prochain, pourrait réduire à néant la mesure de relèvement de l’indice minimum.

“Aucune mesure générale bénéficiant à l’ensemble des agents publics n’est prévue. C’est irresponsable”, avaient également réagi les organisations syndicales de la fonction publique à l’issue de la réunion. Reste à savoir ce qu’il ressortira concrètement de ces nouvelles rencontres.

Article Acteurs Publics du 29 octobre 2026

Article publié le 30 octobre 2026.


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