vous êtes ici : accueil > Actualité > La Fonction Publique
Le rapport annuel sur l’état de la fonction publique, publié le 15 octobre 2026 par la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), met en lumière une perception plus dégradée des conditions de travail dans le secteur public. Exigences émotionnelles, pression temporelle, relations de travail et reconnaissance apparaissent plus difficiles pour les agents publics, malgré un sentiment d’utilité plus marqué et des contraintes physiques moins fréquentes.
Comme chaque année, le rapport annuel sur l’état de la fonction publique publié le 15 octobre, par la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) est un événement pour l’écosystème public. Et comme chaque année, il consacre un chapitre à une thématique spécifique qui porte, pour 2026, sur les conditions de travail des fonctionnaires. Réalisé à partir des résultats de l’enquête “Conditions de travail” du service statistique du ministère du Travail, il explore au total sept dimensions et, pour chacune d’entre elles, une partie des indicateurs repose sur des questions posées aux agents concernant leur perception.
On apprend, en premier lieu, que sur quatre de ces dimensions, à savoir les exigences émotionnelles, la pression temporelle, les relations de travail ou encore la reconnaissance, les agents publics ont une perception plus dégradée de leurs conditions de travail que les salariés du privé.
Concernant les exigences émotionnelles, il faut noter que les agents publics sont beaucoup plus souvent en contact avec le public que les salariés du privé, 84 % contre 67 %, ce qui implique d’être davantage confrontés à des personnes en détresse, de devoir les calmer ou encore de cacher ses propres émotions. Globalement, 7 agents publics sur 10 déclarent être confrontés à des personnes en situation de détresse, soit deux fois plus que dans le privé. Sur la pression temporelle, les agents publics déclarent un peu plus souvent devoir se dépêcher dans le cadre de leur travail ou avoir une quantité de travail qu’ils jugent excessive.
Quant aux conditions de travail à proprement parler, les agents de la fonction publique vivent un peu plus souvent que les salariés du privé des situations de tension dans leurs relations de travail, que ce soit avec leur supérieur hiérarchique (22 % contre 18 %) ou avec leurs collègues (23 % contre 16 %). Ils déclarent aussi plus souvent ne pas être aidés par leur hiérarchie lorsqu’ils sont confrontés à un travail délicat ou compliqué, 33 %, contre 24 % des salariés du privé.
“On ne peut qu’être interpellé par le fait que les relations avec les collègues et la hiérarchie sont plus tendues dans le secteur public que dans le privé, commente Boris Melmoux-Eude, directeur général de l’administration et de la fonction publique. Cela implique de travailler sur l’organisation du travail. Nous sommes convaincus qu’il serait utile de développer le dialogue professionnel dans les administrations et de faire émerger, comme le proposera la revue stratégique, un nouveau modèle managérial spécifique à la fonction publique.”
Poursuivre les efforts sur le “Mieux travailler”
Autre enseignement qui se vérifie dans de nombreuses études réalisées sur les fonctionnaires, ces derniers jugent davantage que les salariés du privé leur rémunération insuffisante et leurs perspectives de promotion décevantes. 41 % déclarent être mal payés au regard du travail qu’ils réalisent, contre 31 % dans le privé. Concernant les perspectives de promotion jugées insatisfaisantes, la proportion est de 46 % dans le public, contre 35 % dans le privé.
Autant de constats dont la DGAFP dit vouloir se saisir. “Nous n’avons bien sûr pas attendu ce rapport pour nous engager sur ces thématiques”, poursuit Boris Melmoux-Eude, prenant notamment en témoin le plan “Santé au travail”, présenté la semaine dernière, l’axe “Mieux travailler” de l’agenda social ou encore un cycle de conférences consacrées à ces questions que la direction s’apprête à lancer. En effet à la suite du colloque inaugural dédié au “Mieux travailler dans la fonction publique” du 31 mars dernier, la direction annonce la poursuite, à compter du 25 novembre, d’un cycle d’échanges intitulé “Discutons du travail” dont l’objectif est de favoriser l’appropriation des méthodes et démarches de dialogue professionnel dans les différentes environnements et contexte de travail de la fonction publique
“Il faut aussi reconnaître que ce sont des sujets qui ne sont pas les plus simples à traiter, poursuit le DGAFP. Quand on parle de questions salariales, on modifie une grille et l’impact est visible très rapidement et très directement. Travailler sur les conditions de travail et sur la santé des agents constitue un enjeu de plus long terme sur lequel la DGAFP est pleinement mobilisée.”
Quelques points positifs ressortent néanmoins de l’étude. Certaines dimensions autour des conditions de travail sont perçues comme plus favorables dans le secteur public. Les contraintes physiques y sont décrites comme moins fréquentes, de même que la marge de manœuvre laissée aux agents pour atteindre leurs objectifs. La troisième dimension qui ressort le plus fortement chez les agents publics reste, sans surprise, celle du sentiment d’utilité. 86 % des agents publics estiment que leur travail est utile aux autres contre 76 % dans le secteur privé.
Article Acteurs Publics du 15 octobre 2026
Article publié le 16 octobre 2026.