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L’État généralise son Assistant IA à tous les agents

David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a annoncé la généralisation de l’Assistant IA à tous les agents de la fonction publique d’État. Jusqu’ici en expérimentation auprès de 10 000 d’entre eux, il sera dès aujourd’hui disponible pour un peu plus d’un million d’agents, pour un coût total de 750 000 euros, selon Bercy.

Grand raout numérique à Bercy. David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, présentait aujourd’hui à 400 agents publics son grand “plan IA de l’État”, une série de mesures et d’annonces visant à faire infuser concrètement l’intelligence artificielle dans la fonction publique. Parmi les points phares de ces annonces a été officialisée la généralisation de l’Assistant IA, outil d’intelligence artificielle générative jusqu’ici expérimenté auprès de 10 000 agents. C’est désormais un peu plus d’un million d’agents qui y auront accès, dans la fonction publique d’État, enseignants compris.

Bercy estime le coût de cette généralisation à environ 750 000 euros, ce qui comprend les licences proposées sur mesure par l’entreprise française Mistral AI, les capacités de calcul, les infrastructures et le coût de gestion du système. Pour rappel, l’Assistant IA est un agent conversationnel généraliste : il permet aux agents de poser des questions simples et remplit plusieurs objectifs : réduire le recours à des solutions d’IA non souveraines et faire gagner du temps aux agents, pour les plus importants.

Un outil amélioré au fil du temps

Avant de devenir un outil à la main de toute l’administration, l’Assistant IA – désormais rebaptisé l’Assistant, après un vote réalisé auprès des agents “testeurs” – a bénéficié de quelques améliorations, à commencer par le RAG pour “Retrieval-augmented generation” ou génération augmentée par récupération, en français. La direction interministérielle du numérique (Dinum), pilote du projet, y a récemment ajouté une fonction permettant aux utilisateurs d’intégrer leurs propres bases de données afin de nourrir l’Assistant.

“Le RAG désigne le fait pour un système d’intelligence artificielle de pouvoir répondre à un prompt (la requête que l’on soumet à un agent conversationnel), en récupérant des éléments de contexte dans des documents, explique Nathanaël Romano, co-directeur du département IA de la Dinum. Concrètement, lorsqu’un utilisateur pose une question à un système d’intelligence artificielle, le système va chercher des éléments de contexte précis dans un certain nombre de documents qu’on lui a transmis : ce qui est envoyé au modèle d’IA, c’est donc la question (le prompt initial), et ces éléments de contexte. Cela permet au modèle de proposer une réponse contextualisée”

Des “projets” individuels et personnalisés

Le dispositif prend le nom de “Projets”, des conversations spécifiques permettant d’intégrer des consignes précises à l’outil, sur la rédaction de notes formelles, de reformulation, d’anonymisation… Autant de cas d’usage dont pourront se servir les utilisateurs, à titre individuel pour l’heure :“Les documents et bases de données renseignés par les utilisateurs sont individuels, et ne peuvent bien sûr pas alimenter un modèle ou répondre à quelqu’un d’autre. Nous recevons une demande assez forte pour pouvoir les partager, cela étant”, confie Nathanaël Romano.

En plus de ce module désormais généralisé, les agents pourront aussi compter sur deux autres outils spécifiques : DiploIA, un dispositif de traduction en temps réel créé par le Quai d’Orsay, et Transcripts, dont la généralisation avait déjà été annoncée il y a quelques jours. Des annonces qui ont été globalement bien accueillies par les agents, les principaux concernés estimant “prioritaire de doter chacun d’outils d’IA efficaces et sécurisés”. Le passage à l’échelle de l’Assistant IA apportera certainement son lot d’évolutions côté Dinum, où la “méthode agile” bat son plein : on explique que le canal Tchap “retour d’expérience” est enrichi chaque jour par les agents qui le testent et y demandent des améliorations.

Réorganisation en vue côté numérique

En plus de la généralisation de cet Assistant IA, David Amiel a également annoncé quelques mesures. L’Ariane, futur nom de la direction interministérielle du numérique, sera prochainement dotée d’un “comité éthique et scientifique”, organe qui sera chargé ”des orientations stratégiques et d’évaluer les impacts de l’IA déployée et de nourrir en temps réel le dialogue entre l’innovation et la fonction publique”. Sur le même principe, une réorganisation se prépare au sein de Bercy, qui va se doter d’une “direction de l’IA et du numérique” pour pouvoir conduire ses projets, et renforcer la coopération entre les ministères économiques et financiers et l’interministériel. Une feuille de route de cette direction est attendue fin juin, précise le ministre.

Article Acteurs Publics du 16 juin 2026

Article publié le 16 juin 2026.


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