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Selon les informations d’Acteurs publics, les usagers du service public devraient pouvoir retrouver d’ici l’automne toutes leurs démarches en ligne sur une seule et même application : c’est le sens du projet AMI, l’Application mobile interministérielle développée par la direction interministérielle du numérique et la direction de l’information légale et administrative.
Toutes les démarches numériques du service public en une unique application mobile. C’est la promesse de la future AMI – pour Application mobile interministérielle – sur laquelle planchent depuis quelques mois la direction interministérielle du numérique (Dinum) et la direction de l’information légale et administrative (Dila).
Selon les informations d’Acteurs publics, cette application devrait voir le jour en octobre prochain et fait actuellement l’objet de tests auprès de quelques administrations, qui ont déjà pu y brancher leurs démarches en ligne. Le principe est simple : après une connexion grâce au bouton FranceConnect, l’usager pourra accéder à toutes ses démarches en ligne – remplir sa feuille d’impôts, signaler un mariage ou un déménagement, déclarer une voiture perdue, changer de carte grise, faire une procuration, pour ne citer que quelques exemples.
En réalité, le concept n’est pas nouveau : une vingtaine de pays européens ont déjà mis en place cette “méga-app” mobile pour leurs concitoyens. C’est notamment le cas en Estonie, aux Pays-Bas ou encore en Ukraine. En France, la Dila et la Dinum ont commencé les travaux il y a plusieurs mois : une version alpha est testée depuis janvier dernier, et a déjà permis de faire évoluer la future application.
Personnaliser selon l’usager
Sur le principe du “Dites-le-nous une fois”, l’application gardera en mémoire les données personnelles de l’usager et pourra lui faire des recommandations notamment en fonction de sa localisation. En cas de déménagement par exemple, celle-ci pourra orienter l’utilisateur vers les services publics de sa commune, mairie ou école, et lui faire des recommandations personnalisées : l’idée étant d’accompagner l’usager dans les démarches de la vie courante et tout au long de celle-ci.
Dans le détail, certains formulaires pourront par exemple être préremplis par les informations déjà communiquées. Côté sécurité, l’application devrait permettre de stocker localement toutes les données sensibles de l’usager, ne laissant qu’un “minimum” de données transiter via les serveurs.
La direction interministérielle du numérique assure ne pas vouloir réinventer la roue, et se baser uniquement sur l’existant. En réalité, le principe de l’application consiste simplement à brancher des démarches effectivement déjà existantes sur un socle commun : la majorité des services concernés se trouvent déjà sur le site de Service public.
Les administrations ont donc juste à s’emparer des différentes briques qui les intéressent, et d’y connecter leurs services. L’application offrirait cependant, à la différence de ce dernier, une vue globale de toutes ses démarches, des informations personnalisées et un suivi actualisé de celles-ci. L’une des briques consiste également à proposer un catalogue complet des démarches administratives disponibles, et, le cas échéant, à y rediriger l’utilisateur en lui évitant de s’identifier une nouvelle fois sur FranceConnect.
Un suivi en temps réel
Une autre brique dédiée aux “Notifications” est également en test. Ce dispositif permettra non seulement de centraliser toutes les démarches initiées par l’utilisateur sur une seule et même page, mais aussi de recevoir des notifications sur son mobile lorsqu’une démarche est acceptée, pour effectuer un suivi en temps réel.
L’idée étant aussi de mieux visibiliser les différents services proposés par l’administration, dont certains souffrent d’un manque de connaissance par les usagers. Et pour la Dila, de pouvoir proposer une offre personnalisée et contextualisée, ce qui est actuellement limité. L’orchestration multi-administrations se fera ainsi en interne, pour ne laisser à l’usager qu’une navigation finale fluide et claire. L’équipe planche sur la possibilité d’intégrer, pour certains pans de l’administration, un service de discussion instantanée permettant de résoudre des problèmes ou de répondre à des questions plus rapidement.
Une ouverture, envisagée prudemment
Parmi les partenaires déjà engagés se trouvent notamment le service Démarches numériques, le GIP Acyma, qui pilote Cybermalveillance.gouv, France services, ou encore le service “Ma Sécurité” de la police et de la gendarmerie nationale. Si l’équipe de l’AMI a déjà en tête plusieurs fonctionnalités, elle compte toutefois sur l’intégration future de nouvelles administrations pour y apporter leurs besoins au cours d’ateliers de co-construction.
Ce n’est encore qu’au stade de la réflexion, mais les équipes songent, à l’horizon 2027, à ouvrir l’application au plus grand nombre, en permettant de connecter un appareil qui ne sera pas forcément lié à FranceConnect, pour gérer, par exemple, une association. On pense donc à ProConnect, l’équivalent de FranceConnect pour les professionnels, ou à d’autres dispositifs à définir. Mais avant cette perspective, la priorité actuelle demeure le développement complet de l’application pour les utilisateurs, qui devraient, si tout se passe bien, y avoir accès en octobre prochain.
Article Acteurs Publics du 10 juillet 2026
Article publié le 15 juillet 2026.