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L’exécutif veut mettre en lumière le coût des pensions de fonctionnaires dans le prochain budget

Dans le cadre de la préparation du budget 2027, l’exécutif envisage de faire apparaître explicitement, ministère par ministère, le coût des pensions de retraite des fonctionnaires. Une démarche présentée comme un effort de “transparence” par le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, mais que les syndicats perçoivent comme une manœuvre visant à stigmatiser les retraites de la fonction publique dans le débat public.

L’État s’apprête à modifier la méthode de présentation de son budget 2027 pour mettre clairement en avant, ministère par ministère, le poids des pensions de retraite des fonctionnaires sur les finances publiques. C’est, du moins, ce qu’a révélé l’Opinion, la semaine dernière, à la veille d’une nouvelle conférence Travail-Emploi-Retraites (TER) qui se tenait vendredi 22 mai, réunissant experts, syndicats et employeurs publics et privés autour du système de retraites et de son financement.

Un projet déjà engagé par David Amiel et Amélie de Montchalin lorsqu’ils étaient respectivement ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État et ministre de l’Action et des Comptes publics. “Cela faisait partie d’un des grands chantiers au début de leur mandat commun”, souligne un observateur du secteur.

L’objectif ? Isoler concrètement dans les budgets des ministères les cotisations que l’État paie spécifiquement pour financer les retraites des fonctionnaires. L’exécutif explique également qu’il s’agit de mettre en évidence la part des dépenses consacrées aux services publics et la part servant à financer les retraites des fonctionnaires.

Concrètement sur les comptes, la nouvelle présentation envisagée permettrait de réduire le taux de cotisation employeur et de mettre en avant une “subvention d’équilibre” qui pourrait représenter plusieurs dizaines de milliards d’euros par an.

En creux : montrer de manière explicite qu’une partie importante des budgets des ministères ne va pas directement aux services publics, mais sert à payer les pensions de retraite des fonctionnaires. Pour construire son argumentaire, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a cité sur Radio J l’exemple de l’Éducation nationale, forte d’un budget de 90 milliards d’euros, dont “près d’un tiers, soit 30 milliards, ne sert pas à financer l’école de nos enfants, le salaire de nos enseignants, mais les retraites passées”, a-t-il déclaré. Autre argument avancé par l’exécutif : cette présentation faciliterait la comparaison internationale.
“La masse salariale intègre les dépenses de retraites des fonctionnaires dans le budget de l’État et c’est normal. Il n’y a pas de caisse de retraite pour les fonctionnaires de l’État. C’est une ligne budgétaire, précise Luc Farré pour l’UNSA Fonction publique. Vouloir mettre en avant les dépenses pour payer les pensions des anciens fonctionnaires est assez démagogique, car chaque année, le budget prévoit un taux de “cotisations employeur” permettant de payer les pensions des retraités de la fonction publique pour l’année. Mettre en avant l’ensemble de ce coût annuel n’est pas utile, sauf à vouloir insister sur les différences entre régimes.” Il estime également que même si les règles de calcul pour les pensions de retraite sont différentes entre le public et le privé, elles aboutissent à des montants comparables et même souvent inférieurs pour les fonctionnaires.

Opération transparence

“C’est un pavé dans la mare, poursuit Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU Fonction publique. C’est une manière de pointer du doigt les pensions de fonctionnaires comme étant avant tout un surcoût et une charge, et de livrer les retraites des fonctionnaires en pâture dans le débat public, en mettant uniquement l’accent sur ce que cela peut peser.” Le ministre a également ajouté que sa démarche consistait à “ faire la transparence ” sur le poids des pensions des fonctionnaires. “Cela voudrait dire qu’il y a suspicion sur la transparence, fait valoir une autre responsable syndicale. Cela induit qu’il y aurait des coûts cachés, or il n’y en a pas. C’est extrêmement maladroit d’utiliser ce terme de transparence.”

Cette démarche est vécue comme une attaque par les organisations syndicales et notamment la FSU, qui réaffirme son exigence d’un conseil commun de la fonction publique (CCFP) sur les retraites, lequel doit avoir lieu réglementairement tous les ans. Mais il ne s’est pas tenu depuis plusieurs années. Alors que David Amiel s’est rendu à la première conférence Travail-Emploi-Retraites en décembre dernier, il est aux abonnés absents depuis. “Le gouvernement semble avancer en parallèle de la conférence TER autour des retraites des fonctionnaires”, regrette Caroline Chevé. ”Il est important de montrer où va l’argent des Français, répond-on dans l’entourage du ministre. Cette réforme ne toucherait, en aucun cas, au droit des fonctionnaires.”

Article Acteurs Publics du 25 mai 2026

Article publié le 27 mai 2026.


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