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La direction générale de l’administration et de la fonction publique vient d’accueillir une directrice de projet chargée de se pencher sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Une création de poste qui doit permettre de développer l’action de la structure sur le sujet, à la suite du lancement de plusieurs grands travaux de prospective depuis le début de l’année 2026.
C’est une promotion interne qui traduit une ambition nouvelle à la direction générale de l’administration et de la fonction publique en cette année 2026 : renforcer, dès à présent, l’action de l’État en matière de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Le 11 mars dernier, l’administratrice de l’État Delphine Gilbert, précédemment adjointe au sous-directeur de la politique salariale et des parcours de carrière au sein de la DRH de l’État, a été nommée, dans ce cadre, à la fonction nouvellement créée de directrice de projet “GPEC”.
Cette nomination n’arrive pas par hasard. Elle se situe dans la foulée d’une série d’annonces portées par le DGAFP, Boris Melmoux-Eude, sur les travaux de prospective menés par la direction générale qu’il pilote désormais depuis près d’un an. Tout d’abord, le projet “DGAFP 2030”, annoncé en janvier dernier, et qui vise notamment à “penser la politique RH sur le temps long”. Puis, deux mois plus tard, la publication des grandes lignes d’une revue stratégique de prospective à l’horizon 2035-2050, dont l’objectif, plus large, consiste, entre autres, à s’interroger sur le statut même de fonctionnaire dans une société en mouvement.
Or, comme l’a indiqué la DGAFP, “la planification stratégique des ressources humaines est une priorité forte” de ces deux projets de long terme, dont les réflexions ont déjà débuté. Avec plusieurs axes de travail, en l’occurrence “identifier les métiers concernés, objectiver les compétences critiques et mieux anticiper les besoins futurs des services publics”. Et, dans le même temps, réussir à mener ce que l’administration française n’est encore jamais parvenue à faire, à savoir mettre réellement en œuvre une GPEC au niveau interministériel. Comme le confiait récemment un cadre supérieur, “on a souvent abordé ces outils de prospective sous un angle beaucoup trop massif, sans aboutir à une solution efficace”, au-delà de quelques initiatives ministérielles isolées, comme aux Armées.
Anticiper dans un contexte de grandes transformations
Pour impulser une dynamique interministérielle, la création d’un poste dédié à la DGAFP relevait donc de la nécessité, au-delà des effets d’annonce. C’est ce que confirme la direction générale auprès d’Acteurs publics, soulignant que cette nouvelle fonction doit permettre de “renforcer la capacité de l’État à anticiper, planifier et gérer ses ressources humaines de manière stratégique, collaborative et innovante” dans un contexte de “transformations profondes” sur les plans “démographique, environnemental, numérique et sociétal”.
Mais quelles seront donc les missions précises de Delphine Gilbert, ancienne du ministre de l’Intérieur qui a posé ses valises à la DGAFP en 2020 ? L’avis de vacance, diffusé en novembre dernier, note qu’il s’agira, pour elle, de proposer des orientations RH, ainsi que de coordonner et d’assurer la mise en œuvre “de la démarche de GPEC portée par la DGAFP en sa qualité de DRH de l’État”, au niveau interministériel. Dans ce sens, la directrice de projet sera notamment chargée de porter et d’animer “une communauté interministérielle dédiée à la GPEC”.
Son but ? Définir un cadre méthodologique de la démarche de gestion prévisionnelle, développer des outils partagés de prospective, échanger des bonnes pratiques et renforcer la coopération entre les différents ministères sur le sujet. Ce futur travail, mené collectivement, associera “les services statistiques ministériels, les bureaux métiers et les DRH ministérielles”, précise la DGAFP à Acteurs publics.
Mais ce n’est pas tout : dans la lignée de la création, en 2022, du corps des administrateurs de l’État et de la future rénovation des carrières des attachés d’administration de l’État, annoncée en janvier dernier, Delphine Gilbert devra élaborer “de premiers diagnostics GPEC” sur ces corps interministériels. Un point de départ qui aura vocation à “alimenter le cadre méthodologique et opérationnel partagé avec les ministères”, selon la DGAFP, pour réfléchir aux besoins futurs de ces effectifs de niveau A et A+, présents en nombre dans les administrations centrales. Un des moyens, à terme, de dessiner les contours plus précis d’une fonction publique française marquée, ces dernières années, par une part de plus en plus importante de contractuels.
Article Acteurs Publics du 20 mars 2026
Article publié le 24 mars 2026.