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Selon le dernier “Baromètre de la confiance politique” du Cevipof de Sciences Po, 53 % des Français souhaitent une réduction du nombre de fonctionnaires. Une proportion en hausse de 11 points par rapport à 2024 qui “reflète une poussée du libéralisme économique”, explique le chercheur Luc Rouban. Cette idée, surtout, séduit de plus en plus les électeurs de droite et du centre, mais aussi ceux qui se situent à gauche.
Les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir voir réduire le nombre de fonctionnaires. C’est l’un des enseignements de la dernière vague du “Baromètre de la confiance politique” réalisé par le Cevipof de Sciences Po avec l’institut OpinionWay*. La proportion moyenne des enquêtés souhaitant une réduction du nombre de fonctionnaires “a brutalement gagné 11 points entre 2024 et 2025, passant de 42 % à 53 %”, indique le politologue Luc Rouban.
C’est “du jamais vu” depuis la création de ce baromètre, en 2009, explique-t-il. La proportion de Français souhaitant des coupes dans les effectifs publics n’avait en effet jamais dépassé les 50 %. Cette progression, développe Luc Rouban, est à “mettre en perspective avec l’effet Trump”, le Président américain ayant annoncé vouloir supprimer massivement des emplois dans l’administration fédérale.
Elle reflète ainsi, poursuit Luc Rouban, “une poussée du libéralisme économique en France que confirme le haut niveau de confiance placé dans les entreprises mais aussi les services publics”. Cette évolution s’inscrit également dans le débat budgétaire “se focalisant sur la réduction de la dépense publique”, ajoute le chercheur du Cevipof.
Toutes catégories socioprofessionnelles et toutes sensibilités politiques
Surtout, explique Luc Rouban, l’idée de réduire le nombre de fonctionnaires “touche toutes les catégories socioprofessionnelles” mais aussi “toutes les sensibilités politiques”. Les coupes dans les effectifs de la fonction publique séduisent en effet de plus en plus à droite comme à gauche. Un fait notable, tant cet électorat de gauche et leurs représentants n’ont de cesse de critiquer ces réductions d’effectifs.
La proportion de personnes interrogées se situant à gauche et souhaitant cette réduction s’élève ainsi désormais à 36 % contre 24 % en 2024. Cette proportion progresse de 48 à 59 % chez les enquêtés se situant au centre et de 59 à 66 % pour ceux qui se situent à droite. Chez ceux qui ne se disent ni de gauche ni de droite, cette part passe de 40 à 47 %.
L’enquête du Cevipof a été réalisée du 17 au 29 janvier 2025 auprès d’un échantillon de 3 561 personnes inscrites sur les listes électorales issu d’un échantillon de 3 875 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.
Une progression moins importante chez nos voisins européens
Si la proportion de personnes souhaitant une réduction du nombre de fonctionnaires a bondi de 11 points en France, cette progression est moins spectaculaire dans les pays voisins, où le Cevipof a également mené son enquête. Ainsi, 64 % des citoyens allemands interrogés souhaitent une réduction du nombre de fonctionnaires, soit 1 point de plus seulement qu’en 2024. Même évolution pour les citoyens italiens, qui souhaitent à 53 % une baisse du nombre de fonctionnaires contre 52 % en 2024.
Article Acteurs Publics du 18 février 2025
Article publié le 19 février 2025.