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En vue du comité d’alerte des finances publiques, qui s’ouvre ce 7 juillet, le Medef a dévoilé un plan de “redressement des comptes par la dépense”. La fonction publique se retrouve une nouvelle fois dans le viseur du mouvement patronal : gel du point d’indice, moratoire sur les avancements, non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, réduction de la rémunération pendant les congés maladie… Des propositions pour certaines anciennes qui permettraient, selon le mouvement, de générer plusieurs milliards d’économies dès 2027.
Rien de très nouveau sous le soleil avec des propositions drastiques concernant la fonction publique qui ont le mérite de la constance. Le Medef vient de présenter sa stratégie annuelle de redressement des comptes publics “par la dépense” à quelques jours du comité d’alerte des finances publiques prévu aujourd’hui, 7 juillet.
“Nos finances publiques sont donc entrées dans une zone dangereuse et l’alerte est désormais maximale, fait valoir le mouvement patronal. Quand l’État emprunte toujours plus pour financer son quotidien, ce sont les marges de manœuvre pour l’école, la santé, la sécurité, la transition écologique et l’investissement qui disparaissent.”
Et concernant la fonction publique et la gestion de l’État, le Medef n’y va, une nouvelle fois, pas de main morte. Pour rappel, dans ses propositions formulées l’année dernière, il proposait de réduire de 1,5 million le nombre d’agents publics, de concentrer la garantie de l’emploi à vie sur les missions régaliennes ou encore de rationaliser la rémunération des agents publics.
Cette année, le ton de la copie est le même : la réduction des dépenses de fonctionnement de l’État est l’objet de la première partie du document de travail. Ainsi, pour “donner l’exemple”, le mouvement propose le gel du point d’indice de la fonction publique, compensé par “une meilleure évaluation et rétribution de la performance”. “Les agents publics, comme les salariés, méritent des revalorisations salariales à la hauteur de leur travail et de leurs attentes, fait valoir le Medef. “La situation budgétaire de la France oblige néanmoins à la répartition de l’effort. Un gel du point d’indice impliquerait l’absence de toute revalorisation automatique des rémunérations de base des fonctionnaires, générant ainsi une économie estimée à environ 3 milliards d’euros pour l’État.”
Autre proposition avancée, un moratoire d’un an sur les avancements et les promotions automatiques de carrière avec reprise des déroulements de carrière à compter de 2028 sans prise en compte de l’année 2027 dans le calcul de l’ancienneté. “Le glissement vieillesse-technicité (GVT+) entraîne une hausse mécanique des rémunérations publiques chaque année, indépendamment de la performance des agents ou des capacités budgétaires de l’État, se justifie le mouvement. Alors que la masse salariale publique représente environ 13 % du PIB en France, (…), le GVT+ creuse le déficit public sans que cela ne soit conditionné à une amélioration mesurable de la qualité des services publics, à rebours de ce qui se pratique dans le privé.” L’économie attendue serait de 3,4 milliards d’euros en 2027.
Le Medef renoue également avec le traditionnel schéma de non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique d’État, et ce, à compter de 2027.
Rapprocher au maximum les deux systèmes, public et privé
Sur le plan des arrêts maladie dans la fonction publique, il est proposé de moduler à nouveau les congés maladie ordinaires (CMO) et de ramener le taux de remplacement à 80 %, contre 90 % aujourd’hui, pour une économie attendue de 0,6 milliard d’euros en 2027. L’objectif pour le Medef reste de rapprocher progressivement le régime applicable dans la fonction publique de celui observé dans le secteur privé, de responsabiliser les agents publics et de “contribuer à la maîtrise durable de la dépense publique”.
Le mouvement propose plus globalement de supprimer “des avantages non justifiés de la fonction publique par rapport au secteur privé”. Cela pourrait passer par la suppression du supplément familial de traitement, de l’indemnité de résidence, mais aussi la suppression des majorations de traitement et des indemnités spécifiques applicables aux agents publics de l’État affectés en Outre-mer et de celle du régime spécial de majoration de rémunération du temps partiel.
Afin de réaliser des économies et de faire de l’État un exemple, le Medef plaide, dans un second temps, pour une “rationalisation des opérateurs et des normes”. Parmi les propositions avancées figurent notamment la réduction d’un tiers des subventions des opérateurs de l’État employant moins de 250 personnes après un passage en revue de leurs missions et des mutualisations, la nomination d’un référent simplification dans chaque ministère avec un objectif chiffré ou encore une rationalisation des missions des inspections générales, des parlementaires et de la Cour des comptes “pour éviter les doublons”.
Article Acteurs Publics du 7 juillet 2026
Article publié le 7 juillet 2026.