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Le ministre Kasbarian reste évasif sur la réforme de la rémunération au mérite

Le nouveau ministre Guillaume Kasbarian fait de la "simplification" l’une de ses priorités "Nous devons libérer les Français du poids des démarches administratives et débureaucratiser à tous les étages", a-t-il déclaré lors de sa prise de fonctions sans préciser pour autant s’il allait poursuivre la réforme de la fonction publique préparée par Stanislas Guerini.  

Être ministre de la Transformation et de la Fonction publiques est une "mission difficile" d’autant plus dans le "contexte politique" que l’on connait. Voilà l’avertissement que le ministre sortant Stanislas Guerini a adressé à son successeur Guillaume Kasbarian qui vient d’être nommé ministre de la Fonction publique, de la Simplification et de la Transformation de l’action publique. Ce dernier conserve ainsi le même périmètre que Stanislas Guerini mais avec un titre qui mentionne désormais aussi la simplification. Un item qui sera l’une de ses principales priorités. Durant son discours, le nouveau ministre (fils et petit-fils d’agents publics) n’a pratiquement pas abordé la fonction publique en revanche et a plutôt axé son propos sur la simplification pour les usagers et les agents. 
Guillaume Kasbarian l’avait déjà affirmé quelques minutes après sa nomination au sein du gouvernement Barnier : il compte "simplifier à tous les étages" et "ramener les services publics sur le terrain". Autant d’objectifs sur lesquels il est sans surprise revenu ce lundi 23 septembre lors de sa cérémonie de passation de pouvoir à l’Hôtel de Rothelin-Charolais. "La simplification et la transformation publiques ont toute leur place dans ce ministère, a ainsi affirmé Guillaume Kasbarian. Nous devons libérer les Français du poids des démarches administratives et débureaucratiser à tous les étages". 

"Souffrance" des agents publics 

Lors de cette cérémonie, le nouveau ministre a effectivement pointé la "souffrance" dont seraient victimes les Français comme les agents publics : "j’écoute les Français qui m’interpellent sur le terrain, ceux qui se sentent parfois éloignés des services publics, ceux qui ne savent pas toujours comment effectuer une démarche administrative, ceux qui ont dans certains cas l’impression d’être enfermés dans un labyrinthe bureaucratique dont ils ne savent pas forcément comment sortir". Cette souffrance, a-t-il abondé, est "partagée par de nombreux agents publics qui peuvent avoir l’impression d’être seuls ou de passer plus de temps à remplir des formulaires qu’à exercer leur métier de cœur". 

Aux yeux du Guillaume Kasbarian, cette simplification "ne doit jamais se faire au détriment de la qualité du service public" mais "doit être mise au service de son efficacité". À ce propos, le ministre a notamment cité son "attachement" à l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) qui stipule que "la société a le droit de demander compte à tout agent de son administration". "Faciliter la vie des Français et des agents publics, voici l’objectif que je me fixe pour correspondre à cette maxime", a-t-il affirmé. 

Quel avenir pour la réforme de la fonction publique ? 

S’agissant de la gestion RH de la fonction publique, le nouveau ministre a en revanche été beaucoup moins disert. À son arrivée au ministère, Guillaume Kasbarian a déclaré ne pas avoir "trouvé de bureau vide" mais un "bureau ordonné" où de "nombreux chantiers ont été engagés" par Stanislas Guerini. "J’aurai l’honneur de les faire avancer pour que les fruits de (ce) travail se concrétisent bientôt sur le terrain", a-t-il ensuite promis sans préciser donc explicitement s’il comptait reprendre la très critiquée réforme de la fonction publique préparée par le ministre sortant. "Je veux dire à tous les fonctionnaires de France que je travaillerai avec passion à leurs côtés pour bâtir avec eux une fonction publique moderne et exemplaire au service de tous les Français", a-t-il toutefois indiqué. Interrogé par Acteurs publics à l’issue de la cérémonie de passation de pouvoir sur ses intentions en la matière, le ministre a temporisé et a renvoyé à plus tard.

Dans son discours d’adieux et son passage de relais, Stanislas Guerini a en tout cas appelé son successeur à poursuivre cette réforme et notamment "à faire beaucoup plus de place à la reconnaissance du travail, des compétences réelles et du mérite". "On ne relèvera pas le défi central de l’attractivité de la fonction publique si on n’a pas le courage de remettre en cause parfois certains dogmes, de casser les plafonds de verre qui empêchent certaines évolutions de carrière et de permettre à des agents de se décoller des étiquettes que l’on a collées sur leurs fronts il y a 20 ou 30 ans", a-t-il développé. 
Stanislas Guerini n’a pas pour autant nié les "débats" qu’ont pu susciter au cours des derniers mois l’évocation de la "fin des catégories", des "enjeux sur le licenciement" et des "plans d’intéressement". "Je sais les débats mais ce sont des débats nécessaires dans l’intérêt des agents", a développé le désormais ex-ministre en se disant néanmoins "convaincu" d’un "compromis" possible sur cette réforme "avec la représentation nationale". Reste désormais à savoir si Guillaume Kasbarian reprendra cette réforme à son compte. La tâche s’annonce difficile en tout cas sur le plan social au vu de l’opposition unanime des syndicats. 
 

Article Acteurs Publics du 23 septembre 2024

Article publié le 26 septembre 2024.


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