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Les agents publics, plus exposés aux violences au travail que les salariés du privé

Les agents publics restent plus exposés aux violences dans le cadre professionnel que leurs homologues du secteur privé, selon une étude de la DRH de l’État publiée cette semaine. Et près d’un quart d’entre eux se sentent en insécurité sur leur lieu de travail.

Les études se suivent et se ressemblent. Et celle autour des violences subies par les agents publics publiée cette semaine par la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) ne fait pas exception. On y apprend en premier lieu que les agents de la fonction publique restent, en 2023, un peu plus souvent victimes de violences et plus particulièrement d’injures et de menaces que les salariés du privé.

En 2023, 16 % des agents ont été victimes d’au moins une atteinte à la personne, que ce soit dans l’exercice de leurs fonctions ou dans un contexte personnel. Ce chiffre s’établit à 15 % dans le secteur privé. Les atteintes les plus fréquentes sont les injures, avec 7 % des agents qui en ont été victimes en 2023, suivies du harcèlement moral, des violences de nature sexuelle, des discriminations, des menaces et enfin des violences physiques.

Les données détaillées par la DGAFP montrent que les agents publics sont plus exposés aux violences dans le cadre professionnel. Hors violences conjugales, les atteintes rapportées par les agents publics ont lieu dans 42 % des cas dans le cadre professionnel, et ce chiffre s’élève à 32 % chez les salariés du privé.

Les résultats de cette enquête sont à appréhender dans un contexte dans lequel l’administration travaille actuellement à un deuxième plan de protection des agents publics et plus particulièrement contre les violences en milieu professionnel. Au programme : la simplification des dispositifs de signalement, la poursuite de la réforme de la protection fonctionnelle ou encore la lutte contre les atteintes numériques. Autant d’ambitions affichées qui laissent agents et organisations syndicales sceptiques quant à leur capacité à réellement influer sur le sentiment d’insécurité dénoncé dans les administrations.

Les agents publics sont donc plus souvent victimes d’atteintes sur leur lieu de travail que les salariés du privé, et c’est le cas pour la majorité des atteintes. 49 % des violences physiques subies par les agents publics se sont déroulées dans le cadre professionnel, contre 17 % de celles subies par les salariés du privé. De la même manière, la moitié des injures ou menaces décrites par les agents publics se sont passées sur le lieu de travail, contre respectivement 27 % et 30 % de celles décrites par les salariés du privé.

On apprend également que les agents en contact avec le public sont surreprésentés parmi les victimes d’atteintes à la personne dans le contexte professionnel. 92 % des atteintes sont subies par des agents en contact avec le public, alors qu’ils représentent 84 % des agents du secteur privé. À noter néanmoins que le phénomène est similaire dans les entreprises, ce qui tend à relativiser les tensions entre les agents et les usagers, souvent mises en avant notamment pour expliquer la dégradation des conditions de travail dans le secteur public.

Parmi les métiers surreprésentés dans les déclarations de violences, on trouve les policiers, les militaires et les pompiers, mais aussi les agents exerçant une profession intermédiaire dans le secteur de la santé ou du travail social.

Le nombre de dépôts de plainte reste peu élevé

En 2024, 25 % des agents publics déclarent se sentir souvent ou de temps en temps en insécurité sur leur lieu de travail, que ce soit face aux usagers ou aux collègues, contre 16 % des salariés du secteur privé. Si ce sentiment est plus fort chez les agents en contact avec le public, il l’est également pour ceux qui ont déjà été victimes d’atteintes dans le cadre de leur métier. L’année précédant l’enquête, 23 % des agents victimes d’atteintes dans le contexte professionnel déclarent se sentir souvent en insécurité sur leur lieu de travail, alors que cela ne concerne que 7 % de l’ensemble des agents de la fonction publique.

La direction générale de l’administration et de la fonction publique détaille également que la majorité des atteintes subies par les agents dans le cadre de leur métier n’est pas suivie d’un dépôt de plainte. Pourtant, le taux de plainte est bien plus élevé dans la fonction publique, à 10 %, que dans le secteur privé (4 %).

À noter que le code pénal prévoit des peines plus lourdes lorsque l’atteinte vise des personnes dépositaires de l’autorité publique ou chargées d’une mission de service public, ce qui peut, en partie, expliquer un recours plus fréquent aux dépôts de plainte dans la fonction publique.

Article Acteurs Publics du 29 mai 2026

Article publié le 1er juin 2026.


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