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Masse salariale et rémunérations : les ministères ont opté pour la retenue en 2025

Malgré une enveloppe initiale jugée sous-évaluée par la Cour des comptes, les ministères ont globalement tenu leurs dépenses de personnel en 2025. Au total, 322 millions d’euros prévus pour rémunérer les agents de l’État n’ont pas été utilisés.

Les dépenses de personnel de l’État ont représenté 42 % de la masse salariale publique en 2025. Si elle a augmenté de 3,4 milliards d’euros par rapport à l’année précédente, la masse salariale de la sphère étatique a néanmoins ralenti l’an dernier, et les ministères ont fait preuve de mesure concernant leurs dépenses dédiées au personnel, quand bien même celles-ci avaient été sous-évaluées dans le budget initial, selon la Cour des comptes.

C’est ce qu’on peut lire au sein du rapport sur le projet de loi relative aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l’année 2025, que vient de publier la commission des finances de l’Assemblée nationale. L’an dernier, les dépenses de personnel financées par le budget général de l’État se sont chiffrées à 156,2 milliards d’euros. Parmi elles, 107 milliards ont été consacrés aux dépenses de rémunérations, et 49,2 milliards ont été dévolus aux comptes d’affectation spéciale (CAS)

“Pensions”, afin de financer les retraites des fonctionnaires.

En revanche, la répartition est bien différente lorsque l’on s’intéresse à l’évolution entre 2024 et 2025, qui s’est élevée à près de 3,4 milliards d’euros : finalement, seul un tiers (1,1 milliard) est imputable à l’évolution des rémunérations. Les deux tiers (2,4 milliards) résultent de la dynamique de subvention versée par l’État au système de retraite.

Dépenses de rémunération moins élevées que prévu

Et in fine, que ce soit du côté des contractuels ou des agents titulaires, les dépenses de rémunération des agents ont été inférieures à ce qui était prévu dans la loi de finances initiale. Ce sont ainsi 322 millions d’euros qui auraient pu être mobilisés par les ministères qui n’ont finalement pas été utilisés à destination du personnel.

La quasi-totalité des ministères ayant sous-consommé leurs crédits dédiés, la masse salariale s’est donc avérée inférieure aux prévisions. Le volume le plus important s’observe au sein de l’Intérieur : le ministère n’a pas touché à 159 millions d’euros qu’il aurait pu consacrer à ses agents. En deuxième position vient le ministère du Budget et des Comptes publics, à hauteur de 131 millions d’euros, avant celui de l’Agriculture (57 millions d’euros).

Un ministère a néanmoins dépensé davantage que ce que le budget de l’État lui avait initialement accordé en la matière : celui des Armées. Il a ainsi accordé 209 millions d’euros de plus sur l’année, une surexécution qui s’explique par ses missions intérieures, comme par les opérations extérieures.

Masse salariale en ralentissement

Résultat : quand bien même l’enveloppe initiale avait été sous-évaluée, comme l’avait noté la Cour des comptes, les ministères l’ont globalement respectée. L’évolution des dépenses de rémunération a été “très nettement inférieure” à celle de l’année précédente, à savoir 1,1 % contre 6,7 % entre 2023 et 2024. “Un tel ralentissement résulte des mesures de freinage de la masse salariale prises en 2025, indique le rapport. Outre l’absence de mesures générales de revalorisation des fonctionnaires (gel du point d’indice), les mesures catégorielles ont été encadrées de façon plus stricte, notamment du fait de la fin des primes exceptionnelles versées dans le cadre de l’organisation des jeux olympiques et paralympiques”. Par ailleurs, le dispositif indemnitaire du “Pacte enseignant”, qui avait été déployé en 2023, a vu son ambition revue à la baisse, réduisant de fait la facture pour le ministère de l’Éducation nationale.

Enfin, le rapporteur général du budget Philippe Juvin tient à souligner que les recrutements ont été maîtrisés : “l’évolution des emplois de l’État est non seulement conforme au schéma d’emplois initialement prévu mais aussi deux fois moins importante que l’année précédente”, peut-on lire.

Article Acteurs Publics du 9 juin 2026

Article publié le 12 juin 2026.


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