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Après la révélation le 26 janvier par Acteurs publics d’une lettre de mission prévoyant un vaste audit des primes et indemnités de la fonction publique, le gouvernement Lecornu nous indique préparer une nouvelle lettre, probablement recentrée sur les seules évolutions catégorielles. Une manière de faire baisser la pression sur un sujet explosif.
Rétropédalage en perspective ? Le gouvernement Lecornu va, selon les informations d’Acteurs publics, revoir ses ambitions en matière d’évaluation des primes des agents. 24 heures après nos révélations sur le lancement d’une mission confiée à trois inspections générales qui visait à analyser la cohérence, l’efficacité et la lisibilité des primes et indemnités, mais aussi leur contribution à l’attractivité des emplois publics, à la reconnaissance de l’engagement des agents et à la performance des administrations, l’exécutif pourrait recentrer la mission sur les seules évolutions catégorielles dans la fonction publique, qui ont explosé ces dernières années et sur lesquelles la littérature manque cruellement.
Le périmètre très vaste de la mission initiale qui ne dissimulait pas l’objectif de “réduire substantiellement la dépense publique”, fixée par une lettre du Premier ministre signée de sa main le 26 décembre et révélée par Acteurs publics le 26 janvier, apparaissait trop sensible socialement.
Dans cette version initiale du 26 décembre, les inspecteurs étaient invités plus globalement à évaluer le Rifseep (l’outil indemnitaire de référence) et les raisons du retard observé dans sa généralisation, à se pencher sur les mesures catégorielles, mais aussi sur les droits à pensions ou encore les régimes indemnitaires appliqués à l’étranger et dans les Outre‑mer.
C’était le périmètre de la mission jusqu’à sa fuite ces dernières heures dans nos colonnes. Ce programme de travail passe mal alors que le ministre délégué à la Fonction publique et à la réforme de l’État, David Amiel, affiche son ambition de relancer le chantier des carrières et des rémunérations. “Si l’on avait encore un doute, il y a bien un agenda social caché”, tonnait ainsi un représentant syndical de la fonction publique. “La poursuite de cette mission d’inspection pourrait entraîner un blocage sur le chantier Carrières et rémunérations”, poursuit une autre source.
Premier à réagir dès la publication hier de l’article, le cabinet du ministre Amiel nous indiquait que la lettre de mission du 26 décembre ne constituait “qu’une version provisoire” et qu’une autre était actuellement en cours de rédaction. Elle porterait uniquement sur le bilan des évolutions catégorielles intervenues depuis 2022 “et sur ce seul objet”, précise‑t‑on dans l’entourage du ministre. Et ce alors que les inspecteurs ont déjà été désignés…
Retour aux sources
24 heures plus tard, Matignon a fini par confirmer à Acteurs publics la rédaction d’une nouvelle lettre, mais sans s’engager sur le caractère précis du périmètre. “Nous sommes en train d’arrêter la lettre de mission officielle, nous indique‑t‑on dans l’entourage de Sébastien Lecornu. Celle‑ci peut être modifiée jusqu’au dernier moment tant que le Premier ministre ne l’a pas signée.”
Ce rétropédalage pourrait, en réalité, ne marquer qu’un retour aux sources. Selon nos informations, il aurait d’abord été envisagé fin 2025 un bilan des seules évolutions catégorielles intervenues depuis 2022. Avant que le cabinet du Premier ministre ne décide d’élargir le spectre des évaluations et donc des économies à trouver. Un premier arbitrage acté par la signature le 26 décembre de la lettre de mission par le chef du gouvernement. Jusqu’à ce second arbitrage du 27 janvier.
Article Acteurs Publics du 27 janvier 2026
Article publié le 28 janvier 2026.