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Le ministre Laurent Marcangeli vient d’être questionné sur la légitimité de son ministère à porter une vision de long terme pour la fonction publique. Dégager une telle stratégie pourrait nécessiter une réforme de l’architecture gouvernementale, selon le ministre. “Est-il utile d’adjoindre la fonction de simplification et de transformation de l’action publique au ministère de la fonction publique ?”, s’est-il interrogé.
Laurent Marcangeli a affiché son ambition dès son arrivée à l’Hôtel de Rothelin-Charolais : “Il faut réfléchir à ce que sera ou ce que doit être la fonction publique à l’horizon 2050 en questionnant les enjeux démographiques, de rémunération, d’attractivité, de parcours de carrières, de mobilité et d’accès.” Avoir un objectif est une chose, l’atteindre en est une autre, toutefois. Et, selon le ministre de l’Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification, dégager une vision de long terme pour la fonction publique pourrait nécessiter une réforme de l’architecture gouvernementale. Voire, peut-être, de dissocier réforme de l’État et gestion de la fonction publique, comme ce fut le cas sous l’ère Hollande.
C’est ce qu’il a suggéré ce mardi 27 mai lors d’une audition par la commission des finances de l’Assemblée nationale dans le cadre de son “Printemps de l’évaluation”. Une audition au cours de laquelle il a notamment été questionné sur l’exécution des crédits de son ministère, mais aussi sur la légitimité de son ministère à porter une stratégie de long terme pour la fonction publique. Et ce, en particulier au vu de ses autres attributions relatives à la simplification et à la transformation de la fonction publique et plus globalement à la réforme de l’État.
“La fonction publique est très ballotée de réforme en contreréforme sans avoir une vision lointaine”, a effectivement regretté le député Horizons François Jolivet, qui présidait la réunion de cette commission des finances. “ De ces cinq mois d’expérience (au sein du ministère), je m’aperçois d’une chose, a répondu Laurent Marcangeli, qui appartient au même parti politique que le député. Si l’on veut réformer l’État, peut-être ne faut-il pas conserver les mêmes dimensions.” Et, selon lui, les mêmes périmètres ministériels.
Une architecture gouvernementale à revoir ?
“Est-il utile d’adjoindre la fonction de simplification et de transformation de l’action publique au ministère de la fonction publique ?”, a-t-il ajouté. C’est une “bonne question à poser” selon le ministre, qui a précisé qu’il s’agissait d’une position personnelle de sa part n’engageant pas le gouvernement.
En appui de son propos, Laurent Marcangeli a notamment cité le “lien permanent” que son ministère entretient avec les syndicats de la fonction publique. Des organisations syndicales qui “peuvent parfois être rétives à certaines transformations, comme par exemple sur l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies”. D’où la nécessité, à ses yeux, de questionner les architectures gouvernementales, sa double de casquette de ministre de la réforme de l’Etat pouvant rendre difficile, d’après lui, des discussions à long terme sur la fonction publique.
Le poste de ministre de la Fonction publique est “très transversal”, a ajouté Laurent Marcangeli. “Il peut parfois être en conflit avec ses collègues, comme le ministre de la Fonction publique s’occupe des fonctionnaires au sein du ministère des Armées, mais aussi de la Justice ou de l’Intérieur, a-t-il développé. Cela peut parfois avoir pour conséquence de rendre moins lisible l’action publique.” Un questionnement qui rejoint les interrogations sur la gestion RH de l’État et la capacité, précisément, de la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) à s’imposer au niveau interministériel et à endosser pleinement son nouveau statut de DRH de l’État. “De là à dire que le ministère de la Fonction publique ne devrait pas exister, je ne me le permettrai pas”, a toutefois tenu à affirmer Laurent Marcangeli.
Article Acteurs Publics du 28 mai 2025
Article publié le 2 juin 2025.