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Après deux ans d’absence, le rendez-vous salarial dans la fonction publique a fait son retour ce 8 juillet 2026, sous l’égide du ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel. Sans revalorisation générale du point d’indice à l’horizon, le gouvernement mise sur des mesures ciblées : amélioration des règles de classement, relèvement des taux de promotion et injection de points d’indice en bas de grille.
Le rendez-vous était extrêmement attendu, tant les questions salariales à la fois crispent et cristallisent le dialogue social dans la fonction publique ces derniers mois. Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a reçu ce matin, 8 juillet, les syndicats autour d’un nouveau rendez-vous salarial, qui doit théoriquement se tenir tous les ans, mais qui n’avait pas eu lieu en 2024 en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale, ni en 2025 faute de volonté politique. “Le ministre souhaite renouer avec ce rendez-vous, précise son entourage. Il est important de pouvoir disposer d’une enceinte annuelle de discussions sur les rémunérations de la fonction publique, à l’image des négociations annuelles obligatoires qui se tiennent dans les entreprises.”
Pour autant et même s’il n’y avait que peu d’espoir, la perspective d’une augmentation générale du point d’indice a rapidement été assombrie. Une revendication pourtant portée de longue date par l’ensemble des organisations syndicales. “Fondamentalement, une revalorisation uniforme du point d’indice n’est pas envisageable, assure-t-on au sein du cabinet du ministre Amiel. Elle coûterait extrêmement cher aux finances publiques. Relever de 1 % la valeur du point, cela représente 2,4 milliards d’euros par an.” Et d’ajouter : “quand on a peu de marges de manœuvre, il faut pouvoir cibler.”
Le ministre a donc annoncé trois mesures destinées à traiter les situations de court terme et de moyen terme et qui nécessitent des réponses en termes de rémunérations. “C’est notamment le cas des agents durablement bloqués en bas de la grille indiciaire, ceux qui connaissent de faibles progressions de carrière et peu de reconnaissance de l’expérience professionnelle, précise l’entourage du ministre. La mobilisation croissante de l’indemnité différentielle traduit un système de rémunération imparfait et nécessite une réflexion profonde pour le rendre plus lisible pour les agents et plus facilement pilotable pour les employeurs publics.”
Parmi les mesures d’urgence qui seront proposées dans le cadre de la construction du projet de loi de finances 2027, figure la réforme des conditions de classement avec, dans un premier temps, une amélioration des règles de classement aux concours applicables selon les spécificités propres aux trois versants de la fonction publique. Cela se traduira, si la mesure est adoptée, pour les lauréats fonctionnaires, par une majoration de 25 à 75 points d’indice dans le cadre d’une montée en charge pluriannuelle et selon la catégorie du corps ascendant de promotion. Pour les non-fonctionnaires, le ministre propose une prise en compte cumulée des expériences dans les secteurs privé et public sur la base de ratios communs.
Selon le gouvernement, la mesure pourrait bénéficier à plus de 30 000 agents de la fonction publique d’État chaque année, et les modalités d’extension aux versants territorial et hospitalier seront concertées avec les représentants des personnels et des employeurs de ces versants.
Le ministre propose une seconde mesure “pour redonner de la progression aux carrières, dès 2027”, est-il précisé dans le document présenté aux organisations syndicales de la fonction publique. Au programme : une extension des mesures annoncées pour le corps des attachés d’administration de l’État et notamment le relèvement progressif du taux de promotion, aux attachés territoriaux et à ceux de l’administration hospitalière.
Il s’agit également d’une transposition des mesures de relèvement des taux de promus-promouvables des corps de catégorie B et C aux autres corps et cadres d’emploi de catégorie A, dont les corps d’ingénieurs de l’État.
Des mesures indiciaires ciblées
Le ministre propose aussi d’engager un chantier à l’automne 2026 pour identifier les blocages liés à l’application des quotas de promotion interne sur la base d’un état des lieux pour “répondre à une attente des employeurs et des agents, celle d’offrir la possibilité d’accéder à une catégorie supérieure sans devoir repasser par les concours”. Il s’agit aussi de mieux valoriser les concours dans la perspective d’un assouplissement ciblé pour les passages de C en B et de B en A.
Le gouvernement envisage tout de même de mobiliser le levier indiciaire mais sur des mesures “très ciblées”. “Le tassement des débuts de carrière devient le sujet transverse, estime l’entourage du ministre. L’indemnité différentielle, sous son format actuel, est insuffisamment ciblée et ne permet pas de restaurer une dynamique de carrière et une pente plus favorable.” Il envisage donc des mesures très ciblées dans le cadre d’un travail pluriannuel pour sortir d’une logique de compensation et réduire progressivement le nombre d’agents dépendant de cette indemnité.
Cela implique de concentrer les marges de manœuvre sur une mesure indiciaire dès les débuts de carrière dans une perspective pluri-annuelle. “Concrètement, cela consistera à injecter des points d’indice pour relever les bas de grilles”, précise le cabinet du ministre.
Une mesure qui implique également de ne pas engager de nouvelles mesures catégorielles “pour conserver les marges de financement dans un contexte budgétaire contraint”, ajoute l’entourage de David Amiel.
Sur cette dernière mesure, une concertation sera proposée dès le mois de septembre pour ce qui concerne le calibrage technique, les niveaux d’indice, le rythme de montée en charge et l’articulation avec l’indemnité différentielle.
Face à ces propositions, les organisations syndicales ont décidé de ne pas poursuivre la réunion avec le ministre. Si elles ne rejettent pas en bloc ces propositions, elles ont unanimement estimé qu’elles n’étaient “pas à la hauteur”. L’entourage de David Amiel a indiqué qu’il proposerait à nouveau une réunion, vraisemblablement en septembre, autour de ces sujets.
Article Acteurs Publics du 8 juillet 2026
Article publié le 15 juillet 2026.