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Retour de la fonction publique dans le giron de Bercy : le gouvernement répond aux critiques

Désormais ministre de l’Action et des Comptes publics, la ministre Amélie de Montchalin “refuse” de faire une “gestion comptable” de la fonction publique, assure son entourage, en réponse aux critiques des syndicats sur la fin d’un ministère de plein exercice pour ladite fonction publique.

Le gouvernement Lecornu II l’assure : le retour de la fonction publique dans le giron de Bercy ne relève pas d’une vision comptable des choses. Après l’annonce de la composition du gouvernement, l’exécutif joue en effet la temporisation face aux critiques des syndicats, qui regrettent la fin d’un ministère de plein exercice pour la fonction publique et la réforme de l’État.

Le nouvel attelage ministériel marque en effet un profond changement par rapport aux dernières compositions gouvernementales. Alors qu’elles disposaient, depuis 2020, d’un ministère de plein exercice, la fonction publique et la réforme de l’État reviennent effectivement dans le giron de Bercy. Amélie de Montchalin, qui était déjà chargée des Comptes publics, chapeaute désormais également cette Réforme de l’État et cette Fonction publique sous le titre de ministre de l’Action et des Comptes publics. Le tout, donc, avec le député Renaissance David Amiel, qui vient d’être nommé ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État.

Pas “une gestion comptable”, indique l’entourage d’Amélie de Montchalin

Déjà à l’œuvre durant le gouvernement d’Édouard Philippe avec le duo composé par Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, cette forme de tutelle du ministère du Budget sur la fonction publique n’a pas manqué en effet de déplaire aux organisations syndicales, toujours promptes à dénoncer une approche comptable de la gestion des effectifs d’agents publics. “Cette rétrogradation est révélatrice de la volonté gouvernementale de relégation de la fonction publique et de ses 5 millions d’agents”, a notamment critiqué Solidaires, en dénonçant un “choix révélateur d’une volonté claire d’utiliser la fonction publique comme variable d’ajustement budgétaire”.

“Ne plus avoir de ministre de la Fonction publique de plein exercice est inacceptable, a abondé la CGT. La macronie confirme son intention de passer la fonction publique sous la hache des coupes budgétaires.” Un désarroi syndical accentué par le contexte budgétaire et le discours de rigueur affiché par l’exécutif dans la perspective du budget 2026.

La ministre Amélie de Montchalin “refuse” de faire une “gestion comptable” de la fonction publique, assure son entourage à l’AFP, en citant son expérience passée de ministre de la Transformation et de la Fonction publiques de 2020 à 2022, où elle a notamment porté la réforme de la protection sociale complémentaire (PSC) des agents publics en obtenant un accord de la part des syndicats sur le sujet.

La problématique des rémunérations

“Elle connaît et aime les agents” et “traverser la Seine ne lui a pas fait changer de regard sur ceux qui font vivre l’État”, ajoute‑t‑on au sein de son cabinet, en référence à la position géographique Bercy, au nord de la Seine, et de l’hôtel de Rothelin‑Charolais, le siège du ministère de la Fonction publique jusqu’alors, qui est, lui, situé au sud de la Seine. Même si elle estime que le rattachement de la fonction publique à Bercy “peut interroger”, la secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, Mylène Jacquot, espère d’ailleurs que l’expérience passée d’Amélie de Montchalin “lui permette de bien connaître le sujet”.

La syndicaliste reconnaît aussi que la ministre avait ouvert le chantier des “perspectives salariales” lorsqu’elle était au ministère de la fonction publique. Ce chantier est néanmoins “en quasi‑jachère” depuis lors, alors qu’il “comportait une partie importante sur les carrières et grilles de rémunération”, explique la syndicaliste, qui espère désormais que ces problématiques seront rapidement remises sur la table. La situation budgétaire risque néanmoins de compliquer la donne.

L’entourage de David Amiel décrit quant à lui un ministre “attaché au dialogue social”. Il doit d’ailleurs recevoir les organisations syndicales de la fonction publique dans les prochains jours. “Le ministre saura porter une voix d’autant plus forte qu’il est depuis longtemps engagé pour la qualité des services publics, mais aussi pour que leurs conditions de travail et de vie s’améliorent”, ajoute‑t‑on, en référence, notamment, à sa proposition de loi visant “améliorer” l’accès au logement des agents publics. Un texte qui avait été soutenu par le gouvernement Bayrou et le ministre Laurent Marcangeli, mais dont l’examen est aujourd’hui à l’arrêt compte tenu de la situation politique.

Article Acteurs Publics du 14 octobre 2025

Article publié le 15 octobre 2025.


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