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Retraites : les syndicats de la fonction publique maintiennent la pression

Réunis devant Bercy mercredi 15 janvier, les représentants des organisations syndicales de la fonction publique (CGT, FO, Solidaires, FSU, FA-FP et CFE-CGC) ont dit leur intention de poursuivre la mobilisation contre la réforme des retraites et d’inscrire le mouvement dans la durée.
La lutte continue contre la réforme des retraites prévue par le gouvernement. C’est ce qu’ont clamé en chœur 6 organisations syndicales de la fonction publique (CGT, FO, Solidaires, FSU, FA-FP et CFE-CGC), réunies devant Bercy mercredi 15 janvier. Rassemblement où leurs représentants ont de nouveau demandé le retrait du projet de réforme, considéré comme “régressif”.

“Nous n’allons pas accepter, ni hier ni aujourd’hui, ni demain, une contre-réforme qui, pour la fonction publique, va entraîner des centaines de milliers d’agents à perdre leur départ anticipé avec l’extinction prévue des catégories actives et va aussi entraîner des chutes faramineuses de pension pour les agents”, a ainsi souligné Jean-Marc Canon, de la CGT.

“Nous irons jusqu’au bout, jusqu’au retrait de ce projet destructeur des solidarités, a poursuivi Gaëlle Martinez, de Solidaires. Non, les fonctionnaires, tout comme les femmes, ne seront pas les grands gagnants de cette réforme, bien au contraire, c’est vers une véritable paupérisation que l’on se dirige.” “Certes, la lutte est longue et difficile, mais il est hors de question que l’on s’arrête”, a ajouté Christian Grolier, de Force ouvrière.

Mobilisation interprofessionnelle

Devant les ministères économiques et financiers, les représentants du personnel ont également rappelé “l’importance de la fonction publique dans le cadre de la mobilisation interprofessionnelle”. Un nouvel appel à la mobilisation a d’ailleurs été lancé pour le jeudi 16 janvier et probablement la semaine prochaine.

“Depuis le début, le gouvernement essaye de nous enfermer dans l’idée que nous serions dans la défense d’intérêts particuliers et catégoriels, a expliqué Benoît Teste, de la FSU. Eh bien non, tous ensemble, nous luttons contre ce projet qui n’est ni bon pour les fonctionnaires ni bon pour les salariés du privé.” “Le gouvernement doit le comprendre, nous allons inscrire le mouvement dans la durée”, a-t-il ajouté, considérant que le statut de la fonction publique était “attaqué”.

Dialogue social “expéditif”

Une nouvelle fois, les leaders syndicaux se sont aussi dit dubitatifs sur la concertation lancée le 8 janvier par le gouvernement sur les sujets de la pénibilité et de la gestion des fins de carrière dans la fonction publique. Une concertation express puisqu’elle sera clôturée fin janvier-début février.

“L’exécutif nous démontre encore une fois que son sens du dialogue social est expéditif et unilatéral”, a ainsi estimé Pascal Kessler, de la FA-FP, qui garde notamment en mémoire les discussions sur la réforme de la fonction publique. Même son de cloche du côté de Nathalie Makarski, de la CFE-CGC : “Nous avons l’impression de revivre les méthodes qui ont été employées lors de la préparation de la loi de réforme de la fonction publique. Tout doit être fait au forceps, sans discussion et sans négociation”. “Tous les amendements que nous avons vocation à porter sont déjà voués à l’échec”, s’est-elle agacée.

Conseil commun du 20 janvier en suspens

Trois organisations syndicales (CGT, FO et Solidaires) ont déjà décliné l’invitation du gouvernement à participer aux réunions bilatérales sur la pénibilité. Et ce, explique Christian Grolier (FO), en raison notamment “du seul postulat proposé par le gouvernement, à savoir la suppression inacceptable des catégories actives”.

À noter, par ailleurs, que la tenue du Conseil commun de la fonction publique prévu lundi 20 janvier pour examiner les projets de loi “Retraites” est en suspens. Plusieurs organisations présentes devant Bercy ce 15 janvier hésitent en effet à s’y rendre. En cas d’absence de quorum, le Conseil commun ne pourra pas se tenir et devra être reconvoqué. Peut-être même avant la présentation des textes de la réforme en Conseil des ministres, le 24 janvier.

Article Acteurs Publics du 15 janvier 2020

Article publié le 16 janvier 2020.


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