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Alors que les organisations syndicales de la fonction publique maintiennent la pression sur le gouvernement en vue d’une journée de mobilisation le 29 septembre, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a tenté de désamorcer la colère des agents publics en refusant de les désigner comme “boucs émissaires” des difficultés budgétaires. Une formule qui n’a pas convaincu les syndicats, lesquels se rendront au rendez-vous salarial du 6 juillet avec une exigence commune : des mesures concrètes et immédiates.
La formule a largement fait réagir les organisations syndicales de la fonction publique. “Je refuse que les fonctionnaires soient les boucs émissaires de nos difficultés de finances publiques”, a déclaré le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, hier, 28 juin, alors qu’il était l’invité de l’émission “Questions politiques” de France Inter, franceinfo TV et Le Monde.
“Ce n’est pas de la faute des fonctionnaires. Ce n’est pas le nombre d’emplois dans la fonction publique de l’État qui a creusé les déficits publics ces dernières années”, a-t-il ajouté, évoquant le poids, à l’inverse, des dépenses sociales.
Des propos qui ont été froidement accueillis du côté des organisations syndicales de la fonction publique. “Cette formule n’est pas du tout à la hauteur, les agents de la fonction publique doivent être confortés, reconnus et mieux rémunérés car nous avons besoin de services publics forts dans un contexte de crise écologique, économique et sociale que nous connaissons, réagit Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU. Il faut attirer les jeunes vers les carrières de la fonction publique et il faut répondre au malaise grandissant de ceux qui y travaillent et qui envisagent de plus en plus d’en partir.”
“Ce ne sont effectivement pas les agents publics qui sont responsables des déficits de notre pays ou de sa dette, souligne de son côté Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa Fonction publique. Alors que la population est en hausse, les effectifs augmentent proportionnellement bien moins.”
Cette prise de parole du ministre intervient dans un contexte où la colère reste vive du côté des agents publics, tout particulièrement autour des questions salariales. L’intersyndicale a notamment appelé la semaine dernière à une journée de mobilisation et à des manifestations à la rentrée, “intégrant la perspective d’une grève”, le 29 septembre, “face à l’absence de réponse salariale immédiate du gouvernement”, a-t-elle précisé dans un communiqué commun. Les organisations syndicales réitèrent leurs demandes de mesures urgentes, et notamment “une revalorisation significative” de la valeur du point d’indice qui est gelé depuis trois ans, ou encore le rétablissement de la garantie individuelle du pouvoir d’achat (Gipa) suspendue en 2024.
Interrogé également dans le cadre de l’émission sur cette épineuse question des salaires, David Amiel a rappelé que le dialogue se poursuivait avec les organisations syndicales à travers une réunion dédiée à la question et prévue le 6 juillet.
Financer une autre politique salariale
Si pour l’heure, les organisations syndicales ne s’étaient pas prononcées sur leur participation, bon nombre d’entre elles seront bel et bien présentes. “Nous irons le redire au ministre le 6 juillet, avance Christophe Delecourt, co-secrétaire général de la CGT État. Le financement d’une autre politique salariale est possible avec, pour commencer, la revalorisation immédiate et significative du point d’indice, la refonte des grilles indiciaires et l’égalité salariale.”
Il y a quelques semaines, le cabinet avait précisé, dans nos colonnes, l’ordre du jour de cette réunion avec, dans un premier temps, la présentation de grands indicateurs sur les finances publiques et “la rémunération réelle des agents”, et dans une deuxième partie, des mesures qui pourraient être arbitrées. Or, les organisations syndicales sont unanimes sur un point, elles attendent des mesures concrètes. Sans quoi, elles risquent de quitter la table très rapidement.
“L’Unsa Fonction publique se rendra au rendez-vous salarial du 6 juillet en étant exigeante pour obtenir des mesures concrètes pour les agents publics, confirme Luc Farré. Avec une inflation qui repart, après plusieurs années blanches en matière salariale, avec plus de 860 000 agents ayant un salaire indiciaire au niveau du Smic, le gouvernement se doit de prendre des mesures pour améliorer la rémunération des agents.”
“Nous jugerons sur les actes, et sur rien d’autre”, conclut pour sa part Pascal Kessler, président de la FA-FP, qui doit encore confirmer sa présence à ce rendez-vous salarial qui promet d’être explosif.
Article Acteurs Publics du 29 juin 2026
Article publié le 1er juillet 2026.