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Une expérimentation sur les horaires décalés à venir pour adapter le quotidien des agents au changement climatique

La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a présenté la version finalisée du plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) ce lundi 10 mars. Il prévoit, entre autres, une expérimentation sur les conditions de travail des agents.

La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, présente le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique, lundi 10 mars 2025, à l’Hôtel de Roquelaure.
“La territorialisation de ce plan sera ma priorité pour l’année 2025.” Agnès Pannier-Runacher a présenté, ce lundi 10 mars, le troisième plan national d’adaptation au changement climatique, destiné à adapter la France à une trajectoire de réchauffement à +4 degrés celsius d’ici 2100. Un plan reporté à de nombreuses reprises depuis fin 2023.
Parmi les 52 mesures de cette version finalisée après avoir été mise en consultation durant plusieurs mois, la 12e porte sur “un État exemplaire pour intégrer l’adaptation au changement climatique dans le quotidien de travail des agents public”. 

“L’objectif de cette fiche est de prendre en compte le climat futur dans l’ensemble des opérations immobilières de l’État, pour éviter leur mal-adaptation, et plus généralement dans l’organisation du travail des agents publics”, détaille le plan. Il est ainsi prévu d’adapter l’organisation du travail et les conditions d’accueil des agents publics et des usagers, en particulier durant les périodes de fortes chaleurs. Les horaires d’activités pourront être décalés, l’occupation des locaux pourra être réorganisée et les tenues de travail adaptées.

Expérimentation sur les conditions de travail

Un des éléments, qui ne nécessite ni budget spécifique ni changement de pratiques radical, sera de miser sur le changement des comportements et des usages. Ainsi, “une campagne de communication sera menée chaque année dans l’ensemble des administrations afin de rappeler les bons gestes à adopter en cas de fortes chaleurs”.
Surtout, une expérimentation concernant les conditions de travail des agents sera conduite en 2025 en lien avec la direction de l’immobilier de l’État dans certains bâtiments publics. Seront ainsi mis en place des horaires décalés, une augmentation du recours au télétravail ou la semaine de quatre jours. “Cela impliquera une réflexion plus large sur les conditions de transport des agents et sur l’articulation entre les horaires de bureau et les horaires scolaires pour les agents parents d’élèves, précise le document. La proposition de menus entièrement froids pour la pause déjeuner, qui permettent de limiter l’exposition des travailleurs à la préparation de plats chauds en période de pics de chaleur (grill, fours, etc.) sera également testée.”

Créer un “réflexe adaptation” dans les achats

Une autre mesure du PNACC prévoit de “mobiliser la commande publique au service de l’adaptation au changement climatique”. “Le PNACC doit être l’occasion d’approfondir l’adaptation comme levier indispensable mobilisable au sein de la commande publique, présente ainsi le ministère. Cela permettra d’éviter la “maladaptation” et le gaspillage de ressources publiques pour des projets non-adaptés au climat futur”. Plusieurs “nouvelles actions” sont ainsi annoncées dans le plan, à savoir : le développement d’outils pour inclure un “réflexe adaptation” dans tous les achats de l’État, s’assurer de la bonne prise en compte des enjeux et leviers d’adaptation au changement climatique dans la nouvelle plateforme numérique des achats durables, et le renforcement de la prise en compte de ces enjeux dans le prochain plan national des achats durables.

Autre point notable : le ministère de la Transition écologique s’engage à “appuyer une révision ambitieuse des directives marchés publics afin que le cadre juridique européen permette une meilleure prise en compte des objectifs environnementaux, y compris l’adaptation au changement climatique”. En effet, la Commission européenne prévoit de réviser les 3 directives relatives aux marchés publics et a d’ores et déjà lancé une consultation publique en ce sens, pour des négociations qui devraient démarrer en 2026. “À l’occasion de ces négociations, la France pourra porter une position ambitieuse pour permettre de mieux intégrer l’environnement dans la commande publique, y compris sur les enjeux d’adaptation au changement climatique”, précise le PNACC.

Article Acteurs Publics du 10 mars 2025

Article publié le 12 mars 2025.


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