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Violences sexistes et sexuelles : Sébastien Lecornu demande aux ministères de mieux former les agents publics

Face à la persistance des violences sexistes et sexuelles dans la fonction publique, le Premier ministre Sébastien Lecornu exige des ministères un renforcement de la formation des agents, des encadrants et des référents RH. Une circulaire leur fixe notamment l’objectif de généraliser l’apprentissage des réflexes professionnels, de la prévention au traitement des signaux, dès l’entrée en fonction et tout au long de la carrière.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé début octobre aux ministères une circulaire consacrée à la formation des agents publics à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS). Elle demande notamment aux administrations de transmettre au ministre chargé de la Fonction publique, d’ici au 31 octobre 2026, des informations actualisées sur les actions menées dans les services, les établissements publics administratifs et les écoles de service public en matière de formation initiale et continue de leurs agents à la prévention et à la lutte contre les VSS.

Ce texte s’inscrit dans un contexte dans lequel les violences sexistes et sexuelles persistent dans tous les lieux de vie, privés comme professionnels. Et Matignon le rappelle : “La fonction publique n’est pas épargnée.” Pour rappel, près de 4 % des agents publics déclaraient, en 2023, avoir subi des violences sexuelles dans le cadre de leur activité professionnelle. “Ne laisser aucun agent seul face aux risques et aux actes de violence sexiste et sexuelle, c’est de la responsabilité de l’administration”, insiste Sébastien Lecornu.

Les violences persistent au sein des administrations, alors même que les règles et les dispositifs existants sont nombreux. C’est notamment le cas du plan de prévention et de traitement des violences sexuelles et sexistes, décidé à l’issue du comité interministériel à l’égalité entre les femmes et les hommes de 2018 et dont les modalités ont été précisées par une circulaire du 9 mars 2018. La lutte contre les violences sexistes et sexuelles fait également partie intégrante de l’accord relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique, signé en 2018. Elle constitue aussi le premier axe du deuxième accord portant sur le même thème, actuellement soumis à la signature des organisations syndicales.

“Mais l’heure est aux résultats concrets, à la généralisation des réflexes professionnels et à la tolérance zéro face aux comportements qui peuvent heurter, blesser, tuer”, interpelle le Premier ministre. Il insiste également sur l’urgence de faire en sorte que la protection des agents publics contre les violences sexistes et sexuelles soit ressentie “de manière plus tangible sur leur lieu de travail”, mais aussi dans le cadre de leurs relations avec les usagers. Pour Matignon, le sentiment de sécurité doit reposer sur “une correcte appropriation de chacun”, grâce à une formation dispensée aux agents dès leur entrée en fonction, puis tout au long de leur carrière.

Le Premier ministre attend donc des administrations publiques et de leurs opérateurs une mobilisation accrue pour mieux agir contre toute forme de comportement violent à connotation sexuelle ou sexiste au sein des services. “Tout agent, qu’il soit débutant ou expérimenté, doit être en mesure de reconnaître ces situations, de savoir y réagir et de connaître les droits et obligations qui y sont directement applicables”, détaille la circulaire.

Maintenir “une capacité de discernement constante” sur les enjeux liés aux VSS

Autre priorité : s’appuyer sur la formation pour outiller les encadrants, détecter les situations à risque et traiter les signaux. Le Premier ministre enjoint aux ministères d’accorder une attention particulière à la professionnalisation des référents et des acteurs des ressources humaines chargés d’accompagner les victimes.

Plus largement, l’objectif est de rendre incontournables les modules de formation initiale destinés aux futurs agents ou aux nouveaux agents en poste dans les administrations publiques et chez leurs opérateurs. En d’autres termes, tout agent rejoignant les fonctions publiques d’État, territoriale ou hospitalière doit posséder un socle suffisant de connaissances et de savoir-faire pour anticiper les situations à risque et intervenir de manière adéquate, notamment grâce à une bonne maîtrise du régime des sanctions applicables. “Une attention particulière doit être portée aux élèves affectés au sein des écoles de service public”, insiste la circulaire.

Matignon demande également aux ministères de renforcer la programmation pluriannuelle de la formation continue afin d’entretenir, chez les agents publics déjà en fonction, “une capacité de discernement constante” sur les enjeux, les règles applicables et les solutions les mieux adaptées à mettre en œuvre sur le terrain.

Article Acteurs Publics du 12 octobre 2026

Article publié le 13 octobre 2026.


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