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Comment la crise a boosté les usages numériques des Français

Le secrétaire d’État chargé de la Transition numérique, Cédric O, a présenté, le 1er juillet, les résultats du “Baromètre du numérique”, une étude annuelle sur l’évolution des usages des Français en la matière. La part de personnes connectées a atteint son plus haut niveau historique, en particulier chez les plus âgés.

Jamais les Français n’ont été si connectés. C’est le premier enseignement que l’on peut tirer de l’édition 2020 du “Baromètre du numérique”. Réalisé chaque année depuis vingt ans par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) pour le compte du Conseil général de l’économie (CGE) de Bercy, de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) et de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), ce baromètre met en évidence ce que chacun savait : la crise a servi d’accélérateur de la numérisation.

“Alors que les usages du numérique avaient atteint un certain plafond l’an dernier, la part des Français connectés a augmenté cette année de 4 points, pour atteindre 92 %”, indique Michel Schmitt, du CGE. Avec toutefois une tendance à contre-courant au niveau des équipements des Français. Alors que le smartphone avait fini par détrôner l’ordinateur en 2019, l’ordinateur, privilégié pour le télétravail, a fait un retour en force avec la crise et est repassé devant son concurrent.

Plus révélateur encore de l’impact de la crise et des confinements successifs, l’usage d’Internet a bondi chez les personnes âgées, qui étaient historiquement les plus réticentes, ou en tout cas les moins connectées. Ainsi, 93 % des 60-69 ans ont utilisé Internet en 2020, contre seulement 81 % en 2019, soit un bond de 12 points. La hausse est encore plus spectaculaire chez les 70 ans et plus : + 13 points pour passer de 58 % à 71 %. “On peut faire le pari que ce changement est structurel et que ces habitudes resteront”, anticipe Maya Bacache, membre du collège de l’Arcep.

Administration numérique

Assez logiquement, les seniors se sont approprié de nouveaux usages. C’est le cas, par exemple, de l’administration numérique : 75 % des 60-69 ans ont réalisé des démarches en ligne, contre 63 % en 2019. Et chez les 70 ans et plus, la hausse est de 21 points ! Ils sont désormais 55 % à avoir eu recours à des services publics numériques. Pour autant, l’administration numérique reste aujourd’hui un usage dominant chez les catégories les plus diplômées et favorisées. L’usage des réseaux sociaux a lui aussi bondi chez les catégories les plus âgées : + 7 points en un an, alors qu’il tend à baisser chez les plus jeunes.

“Le baromètre est très utile pour nous aider à identifier les populations en difficultés avec le numérique”, estime le directeur de la mission Société numérique à l’ANCT, Pierre-Louis Rolle, qui s’est intéressé tout particulièrement à l’évolution des usages pendant les confinements pour évaluer la montée en compétences des Français. “L’évolution est très surprenante sur le sentiment de compétence”, indique-t-il. En effet, 82 % des Français se sentent désormais compétents pour utiliser un ordinateur, contre 67 % un an plus tôt. Même évolution du côté des smartphones.

Pour autant, un total de 35 % environ disent avoir rencontré des difficultés : 18 % parce qu’ils ne maîtrisent pas suffisamment les outils informatiques, 11 % parce que leur équipement est trop dépassé, 8 % parce qu’ils n’ont tout simplement pas accès à Internet. Lorsqu’ils sont face à ces difficultés, la moitié des Français disent se débrouiller tout seuls alors qu’un tiers se sont tournés vers un membre de leur foyer (11 %) ou un proche à distance (11 %) et que seuls 8 % font appel à une aide extérieure, en appelant un numéro spécifique. Ils sont enfin 5 % à se résigner et à abandonner leur démarche.

Une “marge de progression” pour le numérique responsable
L’Arcep n’a pas attendu l’adoption de la loi sur la sobriété numérique pour se saisir du sujet. Plusieurs questions ont ainsi été ajoutées au baromètre cette année pour commencer à analyser les comportements des Français : seuls 17 % possèdent un smartphone de seconde main et 84 % disent avoir un smartphone de moins de trois ans. Parmi les raisons évoquées par les Français pour le renouvellement de leur terminal, 25 % expliquent avoir simplement voulu “changer pour changer”, 26 % parce qu’ils l’ont perdu ou se le sont fait voler, et 37 % parce qu’il ne fonctionnait plus correctement. “Cela montre qu’il y a une belle marge de progression pour améliorer la filière de remise à jour des terminaux”, positive Maya Bacache.

Article Acteurs Publics du 2 juillet 2021

Article publié le 6 juillet 2021.


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