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La fonderie SAM promet d’être un point chaud social en 2022

Après un réveillon passé dans l’usine liquidée, les salariés de l’équipementier automobile promettent de porter le fer lors de la présidentielle.

Le silence n’est pas tombé sur la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM). Malgré la rude succession de coups – liquidation judiciaire avec prolongation d’activité le 16 septembre ; retrait du soutien de Renault, principal client, le 23 novembre ; liquidation définitive trois jours plus tard –, une bonne moitié des 340 salariés de la fonderie de Viviez, licenciés ou en voie de l’être, étaient du réveillon de Noël organisé dans l’usine la semaine dernière. Ils fêteront la nuit de la Saint-Sylvestre à nouveau sur le site qu’ils occupent depuis trente-huit jours. Pour 2022, leurs bonnes résolutions sont déjà prises. Lors de leur assemblée générale de lundi, les SAM ont voté pour faire de leur fonderie l’un des épicentres sociaux de 2022, avec la campagne de la présidentielle puis des législatives en ligne de mire.

C’est ce qu’ils ont annoncé ce mercredi lors d’une conférence de presse en présence du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.« Quand on a commencé, il y a deux ans, notre combat pour que l’activité demeure (l’entreprise avait été placée en redressement judiciaire le 10 décembre 2019 – NDLR), on n’avait bien sûr pas prévu de s’inscrire dans cette campagne,confie à l’Humanité Sébastien Lallier, représentant du personnel CGT.Mais, comme on n’a toujours rien reçu de concret de la part du gouvernement ni de Renault, on va le faire. Tout le monde ne parle que d’industrie, de relocalisation, d’emploi. La SAM, c’est un cas concret. On va les pousser à mettre leurs paroles en actes. »

Peser dans la campagne

Ce bout d’Aveyron, à quelques encablures de Decazeville et de Rodez, pourrait donc bien symboliser les enjeux sociaux et économiques de 2022, comme le fut le site amiénois de Goodyear en 2012. Avec la conviction d’obtenir des avancées tangibles pour le site industriel comme pour le territoire.

Un chargé de mission a bien été désigné par le ministère de l’Industrie pour suivre Renault dans son accompagnement de la fermeture du site jusqu’en mars. Mais la visite mi-décembre du préposé, Jean-Pierre Floris, ancien dirigeant de Saint-Gobain et ex-commissaire interministériel à la réindustrialisation de 2017 à 2019, n’a été à la hauteur ni des revendications des salariés quant à leur avenir professionnel, ni des demandes des élus locaux en faveur d’une réindustrialisation de l’ancien bassin minier.

« Renault bloque »

« Depuis la venue éclair de“Super-Floris”, nous n’avons plus aucun contact ni avec lui, ni avec tous les ministres qui nous avaient promis monts et merveilles. Ils doivent tous profiter de leurs vacances », déplore Sébastien Lallier. À ses côtés, ­David Gistau, de la CGT Aveyron, rappelle que les SAM ont de la mémoire :« On se souvient du peu de résultat obtenu par monsieur reconversion, Jacques ­Chérèque, en 1988. Cette fois, on veut un travail de fond à un niveau interministériel. Pas le bla-bla qu’on nous a servi jusque-là. On voit bien que Renault est toujours à la manœuvre et bloque sur les indemnités supralégales comme sur l’accompagnement “généreux” qu’avait annoncé Bruno Le Maire. »

Le bras de fer se poursuit entre les salariés d’un côté, les ministres à Bercy surplombés par la direction du groupe automobile de l’autre. À bas bruit cette semaine, avec fracas à partir de lundi. Une assemblée générale est programmée lundi 3 janvier pour envisager les prochains coups d’éclat.« Le moral est plutôt bon,analyse Ghislaine Gistau, déléguée CGT du site.Nous n’avons pas envie de nous séparer. On a tous passé une bonne partie de notre vie dans cette usine et on n’a plus rien à perdre. Nous sommes face à un scandale d’État. On veut obtenir réparation, pour nous comme pour la région. »

Article L’Humanité du 30 décembre 2021

Article publié le 3 janvier 2022.


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