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La gratuité des tests Covid a coûté 5 milliards à la Sécu

Les tests antigéniques et PCR devraient devenir payants à compter de la mi-octobre, hors prescription médicale.

Aujourd’hui, ils coûtent respectivement 25 et 50 € à la Sécurité sociale. Elle a prévu un budget de 5 milliards en 2021 pour financer le dépistage et il sera sans doute dépassé.

Emmanuel Macron avait laissé entrevoir le 12 juillet dernier la fin des« tests de confort ». C’est désormais chose faite. Le 11 août, à l’issue d’un conseil des ministres doublé d’un conseil de défense sanitaire, Gabriel Attal, le porte-­parole du gouvernement, a annoncé la « fin des tests gratuits hors prescription médicale » d’ici à la « mi-octobre ». Ces tests sont un des moyens pour obtenir le passe sanitaire. Jusque-là remboursé par l’Assurance maladie, le coût d’un test PCR est de 43,89 € (majoré à 50 € si son résultat est remis en moins de 12 heures) tandis que celui d’un test antigénique est de 25 €.

Ces prix sont fixés par des arrêtés gouvernementaux à l’issue de négociations régulières avec les laboratoires. Ils comprennent à la fois le coût du test (27 € pour un PCR) et un ensemble de dépenses périphériques comme la prise en charge du patient. L’Assurance maladie rappelle que ces prix ont déjà régulièrement baissé depuis le début de la pandémie. À l’automne 2020, les tests PCR étaient facturés 73,50 €. Leur prix a baissé une première fois en décembre dernier, puis une seconde fois au 1er juin.

Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la santé, 112,6 millions de tests ont été réalisés entre le 1er mars 2020 et le 1er août 2021, dont 80 millions de tests PCR.

En raison des fluctuations de prix, il est compliqué d’estimer le coût total des campagnes de test. Le 16 juin, Thomas Fatôme, le directeur de la Cnam, estimait sur Radio classique que la facture était d’environ 100 ou 120 millions d’euros par semaine.

Seulement, au moment de cette déclaration, deux millions de tests étaient effectués en moyenne par semaine. Aujourd’hui, avec la recrudescence du variant Delta, la Drees estime que de 3,6 à 4 millions de tests sont réalisés chaque semaine, soit deux fois plus. Un imprévu qui risque de peser lourd sur le budget de la Sécurité sociale. Il a prévu 4,9 milliards d’euros pour l’année 2021 pour financer les campagnes de dépistage. C’est plus de deux fois le budget de l’année 2020, qui consacrait 2,2 milliards d’euros aux tests.

Des mesures d’économie ont déjà été prises. Depuis le 7 juillet, les étrangers qui se rendent en France doivent payer leurs tests. Cette mesure permet au gouvernement de se calquer sur les normes étrangères. En effet, seule la France, le Monténégro, le Danemark et la Norvège donnaient la possibilité, à leurs ressortissants comme aux touristes, de se faire tester gratuitement.

Depuis le début de la crise, la plupart des pays du monde ont fait le choix de rendre les tests payants. Au Royaume-Uni, un test coûte entre 50 et 250 €, tandis qu’il peut osciller entre 130 et 300 € en Suède. Chez nos voisins allemands, il se chiffre entre 80 et 150 €, mais les tests antigéniques sont gratuits. En Espagne, le coût d’un test PCR avoisine les 100 €, tandis qu’au-delà des Alpes, l’Italie fait payer entre 60 et 80 €. À chaque fois, la fourchette de prix s’explique par le temps d’attente des résultats et le statut privé ou public du laboratoire.

Mais c’est hors des frontières européennes que l’on retrouve les tarifs les plus prohibitifs. À en croire une étude d’April International, la principale assurance internationale, parue fin 2020, le coût moyen d’un test PCR aux États-Unis est de 153 € tandis qu’au Japon, il peut grimper jusqu’à 347 €.

Article La Croix du 13 août 2021

Article publié le 18 août 2021.


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