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La réforme d’EDF attendra le départ de Merkel

QUI EST responsable de l’échec, annoncé le 28 juillet par le gouvernement, de la grande réforme d’EDF ? « C’est pas moi, c’est l’autre ! » s’écrient dans un bel ensemble les protagonistes de ce fiasco.

« La discussion a été mal menée, entre technocrates et en dehors des politiques », accuse un proche de Bruno Le Maire.

Lequel, reconnaît-il, ne s’est vraiment penché sur l’affaire qu’en mars dernier. Chez EDF, un bon connaisseur du dossier y voit, au contraire, le résultat de IV aveuglement des politiques, qui n’ont pas réalisé que Bruxelles ne voulait pas de cette réforme ». « C’est une décision de politique intérieure française », explique pour sa part une porte-parole de la Direction de la concurrence de la Commission de Bruxelles.

Depuis près de deux ans, EDF, confronté à une dette de 42 milliards, se bat désespérément pour trouver des sous. Il s’agit d’abord d’augmenter le prix (42 euros le mégawattheure) auquel l’opérateur est obligé de vendre le quart de sa production à ses concurrents.

Et, ensuite, de trouver les dizaines de milliards nécessaires au renouvellement et à l’extension de son parc de centrales nucléaires. Pour cela, la direction d’EDF avait concocté une réforme qui, sans scinder la boîte, aurait privatisé à hauteur de 30 % les activités les plus rentables : distribution d’électricité et énergies renouvelables.

« Inacceptable » pour les syndicats, qui dénoncent « un début de démantèlement du groupe », avec, à la clé, la fin du statut particulièrement avantageux de ses agents. Bruxelles, au contraire, sous la direction de l’intraitable commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, exige que le groupe soit divisé en au moins deux entités totalement indépendantes - production et distribution. Une condition sine qua non pour qu’EDF soit autorisé à porter le prix de son électricité à 49 euros.

Vive l’énergie chère !

Pris en étau, le gouvernement a préféré arrêter les frais. « Nous n’avions pas d’accord avec Bruxelles, pas d’accord avec les syndicats, cela aurait été suicidaire de présenter une loi de réforme d’EDF », explique un conseiller de Le Maire.

Mais, dans l’entreprise, on la joue zen. Du moins à court terme. « Depuis six mois, les prix de l’électricité explosent, et nous avons fait au premier semestre un bénéfice historique de 4,2 milliards. Les caisses sont pleines. Pendant longtemps, l’énergie sera rare et chère », se félicite un responsable du groupe. Et, à moyen terme, tous les espoirs sont permis, assure un conseiller de Le Maire : « Macron ne va pas laisser tomber le nucléaire. » Il espère aussi très fort que le départ d’Angela Merkel rendra possible un compromis à la Commission, laquelle reflète les positions antinucléaires de notre voisin.

« Les Allemands, qui manquent d’énergie depuis la décision prise par Merkel de sortir du nucléaire, ont un besoin vital de gaz. Si la France accepte de reconnaître le gaz comme énergie de transition, alors les Allemands feront de même pour notre nucléaire », assure-t-il.

En somme, l’échec de la réforme d’EDF est un triomphe !

Article Le Canard Enchaîné du 4 août 2021

Tract CGT Mines Énergie sur le projet Hercule

Article publié le 4 août 2021.


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