vous êtes ici : accueil > Divers
Après trois décennies de privatisation, les chemins de fer britanniques entament leur retour dans le giron de l’Etat. La compagnie ferroviaire South Western Railway, qui opère comme son nom l’indique dans le sud-ouest de l’Angleterre, est devenue ce week-end la première à être renationalisée dans le cadre du programme lancé par le gouvernement travailliste.
Ces dernières années, plusieurs des 14 sociétés opérant des trains en Angleterre sont déjà repassées sous contrôle de la puissance publique. Il s’agissait alors de sanctionner des engagements non tenus en termes de qualité de service ou bien de sortir certaines lignes de l’impasse financière, mais cette solution était vue comme temporaire.
Pour le gouvernement de Keir Starmer, il faut tourner la page des privatisations lancées dans les années 1990 par le gouvernement de John Major, et revenir à un service ferroviaire à la fois public et intégré.
Réputation toujours déplorable
Malgré quelques progrès, les opérateurs privés n’ont en effet pas réussi à redresser la réputation (désastreuse, et hélas souvent vérifiée) que le rail traîne outre-Manche depuis des décennies. A cela s’est ajoutée l’épidémie de Covid-19, qui a provoqué un effondrement de la fréquentation et mis les comptes des opérateurs dans le rouge.
En novembre dernier, le nouveau gouvernement travailliste a fait voter une loi qui impose de rebasculer les opérateurs dans le public lorsque leurs contrats expirent. Cette stratégie au fil de l’eau, privilégiée au scénario d’une renationalisation massive, permet à l’Etat d’éviter d’indemniser les exploitants actuels. Mais elle ne va pas non plus inciter ces derniers à investir dans la qualité de service.
Créé en 2017 par le britannique First Group et l’opérateur du métro de Hong Kong MTR, South Western Railway est donc devenu public. Les opérateurs c2c et Greater Anglia suivront d’ici à octobre. Ces sociétés seront peu à peu intégrées dans une future entreprise publique nommée « Great British Railways ». Network rail, le gestionnaire des infrastructures, déjà redevenu public il y a vingt ans, va lui aussi rejoindre ce nouvel ensemble.
Article Les Échos du 26 mai 2025
Article publié le 28 mai 2025.