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Le Canada veut supprimer 40 000 postes de fonctionnaires en misant sur l’IA

Le gouvernement entend créer un bureau de la transformation numérique qui se chargera de déployer à grande échelle des solutions au sein de l’administration fédérale. Il espère ainsi économiser environ 15 milliards d’euros d’ici cinq ans.

Dans le nouveau budget fédéral dévoilé récemment, le ministre des Finances canadien, François‑Philippe Champagne, a fait savoir que 40 000 postes seront supprimés dans la fonction publique d’ici 2029. Ce qui représente une baisse de 10 % des effectifs. Selon le gouvernement libéral de Mark Carney, il est question de ramener la fonction publique à un niveau plus viable de 330 000 agents. “Une fonction publique allégée est une fonction publique plus autonome et plus productive”, tranche ainsi le projet de loi des finances.

Une source d’économies substantielles

Pour atteindre cet objectif, le budget propose un programme de retraite anticipée, “afin que les réductions de personnel se fassent dans la plus grande mesure possible par l’attrition* et au moyen de départs volontaires”. Les fonctionnaires âgés de plus de 50 ans pourront ainsi participer à ce programme et toucher une pension en fonction de leurs années de service, sans pénalité pour retraite anticipée. Il est prévu, par ailleurs, des licenciements de personnels, à la faveur de la suppression de centaines de postes de haute direction et de la fin du financement temporaire de certains programmes.

Pour les autorités fédérales, “la fonction publique vit une période de transformation [et] doit revoir sa façon de travailler” en embrassant plus massivement la technologie. Dans son projet de budget, le ministère des Finances estime ainsi que le déploiement de l’intelligence artificielle “à grande échelle permettra de faire des gains d’efficacité et d’offrir des services de haute qualité aux citoyens”.

À cet effet, il envisage de créer un bureau de la transformation numérique qui se chargera d’implanter des solutions innovantes dans l’ensemble de l’administration fédérale. Deux agences publiques, Services partagés Canada (spécialisée dans la fourniture de services TIC) et le Centre de la sécurité des télécommunications devront élaborer, avec l’aide du ministère de la Défense, un outil d’IA pouvant être déployé dans l’ensemble de l’administration fédérale. D’après le ministère des Finances, la modernisation de l’administration fédérale et la réduction des effectifs de fonctionnaires, entraîneront 15 milliards d’euros d’économies d’ici cinq ans.

De graves répercussions à prévoir ?

Mais, pour les syndicats de la fonction publique, ce plan risque d’avoir de graves répercussions sur les services rendus aux Canadiens. “Maintenant, on va avoir six personnes pour faire le travail de dix”, a ainsi fait savoir le président de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), Sean O’Reilly.

De son côté, le vice‑président national de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), Alex Silas, estime que les usagers devront attendre plus longtemps pour réaliser des démarches et obtenir des prestations. Selon lui, le gouvernement aurait mieux fait de diminuer son recours à la sous‑traitance et aux consultants privés pour faire des économies. “C’est un peu une trahison du gouvernement Carney, qui s’est fait élire pour sauver le Canada en temps de crise”, estime le syndicaliste

En plus de la compression des effectifs, l’utilisation de l’IA est également questionnée. Un autre syndicat, Teamsters Canada, reproche ainsi au gouvernement d’opter pour cette technologie afin de réduire les coûts dans la fonction publique, sans fournir des détails ni de garde‑fous quant à son utilisation. Le maire d’Ottawa est à son tour monté au créneau, critiquant les coupes dans la fonction publique. “Près de 50 % des employés fédéraux travaillent dans la région de la capitale nationale, ce qui pourrait représenter une perte de 8 000 emplois au cours de la prochaine année”, a‑t‑il averti.

*L’attrition est la diminution naturelle d’une quantité de choses ou de personnes.

Article Acteurs Publics du 3 décembre 2025

Article publié le 3 décembre 2025.


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