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Le "plan d’orientations" de SFR indique la sortie aux salariés

VRAIMENT, Patrick Drahi sait y faire, avec SFR. Le 18 juin, le tribunal judiciaire de Nanterre interdit à la filiale de son groupe Altice de mettre en œuvre le « plan d’orientations » qui prévoit, entre autres, la suppression de 1 700 emplois « stratégiques ».

H est baptisé « Transformation et ambitions 2025 », ce qui sonne mieux que « plan social ». Motif du veto des magistrats : la « procédure d’information-consultation » des salariés n’a été ni suffisante ni complète.

Profits sans Borne

Dix jours plus tard, l’Inspection du travail vole au secours du tycoon français. Dans un courriel adressé au représentant du comité d’entreprise, elle fait valoir que « le juge judiciaire ne peut empiéter sur les prérogatives du juge administratif ». Les suppressions d’emplois - 7 000 depuis le rachat par Drahi de l’opérateur, en 2014, à Vivendi - peuvent donc continuer. Youpi !

C’est d’autant plus remarquable que SFR a bénéficié des mesures de chômage à temps partiel mises en place pendant ia crise sanitaire. L’Etat a ainsi déboursé 40 millions d’euros en 2020. Et quelques autres en 2021 (les chiffres ne sont pas encore connus). Une générosité que Bruno Le Maire avait conditionnée :

« L’Etat sera avec les entreprises, avec les salariés, et nous garantirons le chômage partiel le temps nécessaire », mais « il ne doit pas y avoir de licenciements ». Avis scrupuleusement suivi par le proprio de BFM, RMC et « Libé »...

Normal, après tout : il est dans le besoin. En 2020, son groupe présente un résultat net de 2 milliards d’euros, pour un chiffre d’affaires de 10,8 milliards. Mais, avec une ardoise de presque 50 milliards, Drahi est aussi, il est vrai, l’un des patrons les plus endettés d’Europe.

Ensemble, l’Unsa, la CFDT et la CFTC (90 % du personnel à eux trois) ont tenté d’alerter le gouvernement sur l’attitude très sociale de leur patron. Le cabinet de Bruno Le Maire (Economie) était aux abonnés absents, celui d’Elisabeth Borne (Travail) à fait la sourde oreille. Un problème de connexion, sans doute...

L’appel du Brésil

Peut-être d’autres performances du groupe les réveilleront-ils ? Depuis mai, le parquet spécialisé dans la lutte contre la criminalité organisée enquête sur des soupçons d’irrégularités et d’infractions à la législation du travail.

L’affaire est partie des Pyrénées-Atlantiques, où le département a promis le raccordement de tous les foyers basques et béarnais à la fibre d’ici à 2023. Après appel d’offres, un marché de 466 millions d’euros a été confié à SFR.

Selon les enquêteurs, la société a fait appel à des prestataires portugais qui n’ont pas déclaré leurs activités en France et ont recruté des salariés clandestins brésiliens...

Ce qui constitue une fraude au travail détaché au sein de l’Union européenne.

La direction du groupe, contactée par « Le Canard », n’a pas donné suite. Après le plombier polonais, le « fibreur » brésilien ?

Article Canard Enchaîné du 4 août 2021

Article publié le 4 août 2021.


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