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Le rejet du télétravail subi

Trois études parues mardi montrent des failles dans l’organisation du travail à distance.

Voilà bientôt un an que la pandémie frappe. Force est de constater que les conditions de travail, en particulier à domicile, se sont mal adaptées. Résultat, le télétravail est de moins en moins pratiqué, malgré les consignes répétées du gouvernement en ce sens. Ainsi, selon le baromètre Malakoff Humanis paru ce mardi, seuls 31 % des salariés français le pratiquaient à temps complet ou partiel en décembre 2020, contre 44 % en juin dernier. Signe du mal-être, 26 % de télétravailleurs estiment que cette pratique a eu des conséquences sur leur santé psychologique et 43 % des managers déclarent avoir eu des difficultés à gérer la fragilité de certains salariés.

Le télétravail complet est le plus pénible, précise de son côté l’étude d’Ipsos pour Welcome to the Jungle, car il renforce le sentiment d’isolement (cité à 47 %, en hausse de 7 points sur un an), pèse sur les relations avec collègues (45 %, + 15 points) ou avec la hiérarchie (24 %, + 10 points). Par ailleurs, l’écrasante majorité des salariés interrogés (89 %) affirment que le respect de l’équilibre vie privée et vie professionnelle est déterminant pour leur bien-être. Or, la surcharge de travail reste sur cette période la première cause de déséquilibre (48 %), surtout parmi les cadres (54 %). Mais plus qu’avant, c’est le salaire, cité par 9 salariés sur 10, qui pose problème. Les auteurs de l’étude citent le contexte de crise économique et sociale comme principale raison. Mais une troisième enquête, de ConvictionsRH, publiée dansle Parisiende mardi, avance une autre cause : le télétravail représente un surcoût loin d’être négligeable pour le salarié. Selon les estimations, ces frais supplémentaires peuvent s’élever à 174 euros par mois, notamment pour ceux qui se chauffent à l’électricité et qui ne profitent plus des aides aux repas du midi.

Toutes ces études démontrent que le télétravail instauré dans l’urgence s’effectue dans des conditions dégradées. Dommage que l’accord national interprofessionnel signé fin 2020 n’apporte pas de solutions. S’il indique qu’il appartient à l’entreprise« de prendre en charge les dépenses engagées par le salarié pour les besoins de son activité professionnelle et dans l’intérêt de l’employeur »,il ne détaille pas le type de dépenses qui peuvent être remboursées et renvoie cette question au dialogue social au sein de l’entreprise. À l’inverse, la CGT estime qu’en plus des frais d’énergie, des outils de travail et des abonnements télécoms, l’entreprise devrait participer au loyer du salarié si celui-ci est amené à durablement télétravailler.

Article L’Humanité du 10 février 2021

Article publié le 12 février 2021.


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