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Dans un courrier du 4 septembre, le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, annonce aux agents de la direction générale des finances publiques (DGFIP) que leur direction connaîtra une baisse de 1 500 équivalents temps plein en 2020, de 1 800 en 2021 et de 1 600 en 2022. Sur le périmètre ministériel, 5 775 suppressions d’emplois sont envisagées.
Gérald Darmanin vient de l’officialiser : les finances publiques supporteront la très grande partie de la taille dans les effectifs prévue à Bercy dans les prochaines années. Dans un courrier adressé le 4 septembre aux agents de la direction générale des finances publiques (DGFIP), le ministre de l’Action et des Comptes publics indique en effet que cette direction sera concernée par près de 85 % des 5 775 suppressions d’emplois envisagées d’ici 2022 sur le périmètre du ministère. Au total, sur la durée du quinquennat, celui-ci réalisera une baisse de 10 000 emplois environ, soit les deux tiers de l’effort de réduction de postes prévu par l’exécutif dans la fonction publique d’État.
Dans le détail, le nombre d’équivalents temps plein (ETP) baissera pour la DGFIP de 1 500 en 2020, de 1 800 en 2021 et de 1 600 en 2022, indique le ministre dans cette lettre, qu’Acteurs publics a consultée. “Ces niveaux sont très inférieurs aux annonces parfois alarmistes qui ont pu circuler”, précise-t-il. Et ce en mettant en avant, comme il l’a fait devant les organisations syndicales le 3 septembre, le fait que ces réductions sont la conséquence des chantiers récemment mis en œuvre par la DGFIP, le prélèvement à la source notamment.
Un “rythme inférieur” selon Gérald Darmanin
Dans ce courrier, Gérald Darmanin tente néanmoins de temporiser l’ampleur des suppressions envisagées. Peu de chances néanmoins que cela calme les organisations syndicales, particulièrement remontées contre le schéma d’emplois prévu qui est, selon elles, le signe de la poursuite de la destruction de la DGFIP. Elles appellent notamment à une journée d’action le 16 septembre prochain.
“La réussite de la transformation de la DGFIP et l’amélioration du service public sont notre objectif, écrit-il. La DGFIP continuera bien entendu à contribuer significativement aux efforts de l’État et donc à la maîtrise de la dépense publique mais à un rythme inférieur à celui des années précédentes.” Gérald Darmanin souligne ainsi que le volume de suppression d’emplois prévues dans les trois prochaines années “est inférieur de 30 % à la moyenne des dix dernières années”. Une comparaison qui risque difficilement de convaincre, compte tenu de la différence de temporalité utilisée par le ministre.
Baisse continue des effectifs sur la dernière décennie
Gérald Darmanin y souligne également que le niveau de recrutements “sera sans précédent”, avec “plus de 3 000 l’an prochain, supérieur de près de 50 % à la moyenne des dix dernières années”. Ceci résulte notamment d’une pyramide des âges élevée à la DGFIP et donc des nombreux départs à la retraite à venir.
Au total, en 2018, la DGFIP comptait 102 607 agents (hors non titulaires) contre 104 873 en 2017 et 106 685 en 2016. En 2008, elle comptait 126 586 agents. Le nombre d’ETP était quant à lui de 100 859 au 31 décembre 2018 contre 102 891 fin 2017 et 104 513 fin 2016. Au 31 décembre 2009, ce chiffre s’élevait à 122 459. Pour rappel, la loi de finances pour 2019 prévoyait la suppression de 2 130 ETP. Selon les organisations syndicales, au 31 décembre 2019, la diminution totale du nombre d’agents sur la période du 1er janvier 2004 à fin 2019 devrait dépasser les 38 500. La DGFiP est un “réservoir épuisé des suppressions d’emplois”, regrette notamment la CFDT Finances.
Quid des suppressions d’emplois dans les autres directions de Bercy ?
D’ici 2022, près de 650 suppressions de postes sont envisagées à la direction générale des douanes et des droits indirects (93 en 2020, 278 en 2021 et 278 également en 2022). Sur la même période, 67 postes devraient être supprimés à l’Insee et 45 à la direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF). Selon les représentants du personnel, le reste des suppressions de postes envisagées devrait concerner l’administration centrale du ministère, mais son schéma d’emploi n’est pas encore précisément connu.
Article Acteurs Publics du 6 septembre 2019
Article publié le 9 septembre 2019.