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Bien que la qualité du service usager en France s’améliore selon les résultats d’une enquête de l’OCDE publiée le 29 juin 2026, la confiance envers les décideurs politiques est au plus bas. Selon l’organisation internationale, c’est davantage la transparence dans la prise de décision politique complexe qui préoccupe.
En 2025, seuls 22 % des Français accordent une confiance élevée ou modérément élevée à leur gouvernement, selon les résultats de l’enquête de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques, publiée lundi 29 juin 2026. C’est douze points de moins qu’en 2023 et bien en dessous de la moyenne de l’OCDE qui s’élève à 40 %. Une baisse qui s’explique notamment par l’instabilité politique, avec quatre gouvernements successifs depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juillet 2024.
La confiance administrative progresse
La réalité est pourtant plus nuancée selon l’OCDE. Les Français font en effet davantage confiance à leurs institutions administratives qu’à leurs décideurs politiques. Dans le détail, 65 % d’entre eux font confiance à la police, 52 % à l’administration locale et 51 % à la fonction publique nationale – un taux qui dépasse même la moyenne de l’OCDE (45 %). À l’inverse, les partis politiques ne recueillent que 15 %. La crise de confiance française semble donc d’abord politique.
Car sur le terrain de l’expérience usager, les chiffres progressent. La satisfaction à l’égard des services administratifs – demandes de passeport, inscription à une école, demande d’allocations – a augmenté de sept points en deux ans, passant de 52 % en 2023 à 59 % en 2025, tandis que la moyenne de l’OCDE est de 68 %. Selon l’organisation, “les principaux facteurs de la satisfaction globale sont la rapidité et la facilité d’accès aux services”, associées respectivement à une hausse de 11 et 10 points.
La France se distingue également sur la question du droit à l’erreur, dispositif créé par la loi “pour un État au service d’une société de confiance” (Essoc) de 2018 afin d’offrir une seconde chance aux usagers. Au total, 47 % des Français estiment probable qu’un agent public leur accorde ce droit, ce qui représente huit points de plus que la moyenne des pays de l’organisation. “La perception qu’ont les usagers de la propension des agents publics à leur accorder un droit à l’erreur peut être interprétée comme un indicateur de « confiance réciproque », soit la confiance que les usagers estiment que les fonctionnaires à titre individuel ou l’administration publique dans son ensemble leur accordent, en considérant que les erreurs commises sont involontaires et ne relèvent pas d’actes délibérés”, développe l’OCDE dans son rapport. À noter toutefois que la perception d’équité dans le traitement des demandes de prestations sociales passe de 48 % à 46 %, là où la moyenne de l’OCDE se situe à 53 %.
La transparence des décisions politiques, enjeu principal
Pour autant, améliorer la qualité du service public ne suffit pas à regagner la confiance dans le gouvernement national. C’est la leçon principale du rapport de l’OCDE : ce qui préoccupe le plus les Français est la manière dont les décisions politiques complexes sont prises – leur fondement factuel, leur transparence ou encore leur équité intergénérationnelle. Or sur ce point, la France est en difficulté : elle se trouve au-dessus de la moyenne de l’OCDE pour 1 indicateur sur 15 seulement lorsqu’il s’agit d’évaluer la prise de décision sur des questions politiques complexes.
“Cela traduit une appréciation globalement moins positive de la capacité du système gouvernemental à gérer des enjeux complexes et de long terme, à prendre en compte les contributions des administrés, à concilier des intérêts divergents et à agir dans l’intérêt général”, note l’OCDE. Symptôme de ce décrochage : le sentiment de pouvoir influencer les décisions du gouvernement stagne à 23 % en France, contre 31 % dans l’OCDE.
Article Acteurs Publics du 7 juillet 2026
Article publié le 17 juillet 2026.