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Pour les syndicats, le départ à 64 ans, c’est non

Tous craignent des effets sur le chômage et le climat social.

Passer l’âge légal de la retraite à 64 ans pour les générations nées à partir de 1961 ? Le scénario d’une réforme paramétrique — à raison d’un semestre de plus par an dès 2022 — exaspère les syndicats. « J’en ai marre qu’on fasse de ce sujet, comme de celui de l’Assurance chômage, un objet électoraliste déconnecté du réel » tempête Yves Veyrier, de FO.

Entre lui, Laurent Berger (CFDT), Philippe Martinez (CGT), ou François Hommeril (CFE-CGC), pas l’épaisseur d’une feuille de papier. Pour tous, c’est non. Côté Medef, favorable au report à 64 ans, Geoffroy Roux de Bézieux prêche la prudence : « Pour faire cette réforme, il faut un capital politique […]. Pour moi, c’est un débat de la présidentielle, il faut que tous les candidats se positionnent », a-t-il déjà fait valoir.

Priorité absolue à l’emploi

La préoccupation commune à toutes les organisations, c’est, aujourd’hui, l’emploi. Comment relancer la machine alors que le chômage est au plus haut et que les entreprises manquent de visibilité ? Sans compter la crainte de nombreuses défaillances à la rentrée. Priorité à l’emploi, c’est le mot d’ordre qu’ils veulent voir inscrit au cœur de la conférence sociale dont la date devrait être arbitrée prochainement.

Or cette réforme des retraites aura justement des conséquences sur l’emploi. « Augmenter l’âge de départ à la retraite entraîne mécaniquement une hausse du chômage au moins à court terme et particulièrement en période de crise », décrypte l’économiste Michaël Zemmour. Les syndicats ne manqueront pas de le rappeler à Emmanuel Macron, tout comme ils insisteront sur l’inflammabilité sociale d’une telle décision. Alors que la crise sanitaire n’est pas finie, le chef de l’État court en effet le risque d’un retour des manifestations à un an de l’élection présidentielle.

« En 2010, lorsque nous avons décidé de passer l’âge légal à 62 ans, cela a mis 1 million de personnes dans les rues, se souvient Raymond Soubie, l’ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy. Je ne suis pas certain que les futurs électeurs goûtent la réforme.  »

Article Le Parisien du 29 juin 2021

Article publié le 2 juillet 2021.


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