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Retraite : Les scénarios à l’étude

Emmanuel Macron a demandé au secrétaire d’Etat chargé des Retraites, Laurent Pietraszewski, de tenir prêtes plusieurs réformes potentielles.

La réforme des retraites est de retour. Le chef de l’Etat a remis une pièce dans la machine à conjectures jeudi lors de son déplacement dans le Lot, en évoquant face à des retraités d’éventuelles « décisions difficiles », mais aussi des gestes à faire en faveur des « petites retraites ». En tout état de cause, a-t-il dit, les deux textes de loi votés début mars 2020 par l’Assemblée mais remisés en raison du Covid ne pourront « être repris en l’état ». La fenêtre législative qui aurait permis le vote d’un projet aussi ambitieux s’est refermée avec l’épidémie. Il faudra faire plus resserré, peut-être même juste quelques articles dans le prochain budget de la Sécurité sociale. Emmanuel Macron avait promis une réforme de justice, mais doit maintenant faire des économies pour enclencher une trajectoire de redressement des finances publiques. Et les retraites sont l’un des principaux postes de dépense. Depuis un an, le chef de l’Etat a demandé au gouvernement de conserver plusieurs fers au feu pour une éventuelle réforme. Chez le secrétaire d’Etat Laurent Pietraszewski, on continue à faire tourner des modèles pour mesurer l’effet financier de diverses mesures.

La piste la plus facile serait l’accélération de la réforme Touraine, qui porte la durée de cotisation à 43 annuités en 2032 (à un rythme assez lent). Elle pourrait rapporter à court terme près d’un demi-milliard par an (horizon 2025) - cela pourrait être utile pour financer de nouvelles mesures visant les jeunes, la dépendance ou bien la revalorisation des petites retraites, par exemple. Mais ce serait une réforme vraiment a minima, dans l’attente d’un chantier plus substantiel.

Les régimes spéciaux dans le viseur

D’où les nombreuses autres pistes. Si le projet de faire entrer dans le modèle universel tous les régimes libéraux (avocats, etc.) semble abandonné, il y aurait un bénéfice politique à retirer de la suppression des régimes spéciaux, même si l’effet financier serait très lointain - avec une réforme qui ne pèserait que sur les nouveaux entrants à la RATP ou dans les industries électriques et gazières, notamment. A l’instar de ce qui a déjà été engagé à la SNCF.

A long terme, il faudra beaucoup plus d’économies. Le projet de réforme avorté comprenait l’instauration d’un âge pivot proche de 64 ans, forçant certains à travailler plus longtemps, mais permettant à des travailleurs modestes ayant eu des interruptions de carrière de ne pas devoir attendre 67 ans pour s’arrêter. La mesure est jugée désormais trop compliquée. En revanche, évoque une source proche du gouvernement, d’autres mesures chocs sont sur la table : par exemple, relever l’âge légal pour partir en retraite de 62 ans à 64 ans, voire augmenter la durée de cotisation (mais elle sera déjà très élevée une fois la réforme Touraine achevée). Pour l’âge légal, tous les scénarios sont expertisés, du rythme le plus lent jusqu’au plus rapide : accroître l’âge d’ouverture des droits de 62 à 64 ans par paliers de six mois par an, soit un rythme presque deux fois plus rapide que le passage de 60 à 62 ans, permettrait d’engranger jusqu’à 20 à 25 milliards d’économies.

Article Les Echos du 4 juin 2021

Article publié le 8 juin 2021.


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