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Un nouveau système d’alerte aux populations pour effacer l’échec de 2018

Quatre ans après l’abandon de l’application SAIP, le ministère de l’Intérieur entend lancer, d’ici la fin du mois, un nouveau système d’alerte aux populations. Exit l’“appli” mobile : FR-Alerte, de son nouveau nom, s’appuiera à terme sur 2 technologies pour toucher le public le plus large possible.

Souvenez-vous, au début du confinement, lorsque vous avez reçu un SMS du gouvernement pour vous prévenir de rester cloîtré à votre domicile. Bientôt, ce genre d’alertes envoyées directement sur les téléphones portables par les pouvoirs publics deviendra la norme. Le ministère de l’Intérieur a planifié le déploiement d’un tout nouveau système d’alerte des populations d’ici la fin du mois de juin, date butoir pour se plier aux règles européennes.

Après l’échec du “système d’alerte et d’information aux populations” (SAIP) en 2018, le nouveau système présente l’avantage de ne pas reposer sur une application mobile. Ce qui veut dire que toutes les personnes munies d’un téléphone portable recevront les alertes, même si elles n’ont pas téléchargé d’application. Un peu comme la sirène s’impose à nos oreilles tous les premiers mercredis du mois à midi. D’ailleurs, le nouveau système sera “complémentaire” avec les outils existants que sont les 2 000 sirènes du territoire et les alertes diffusées à la télévision et à la radio ou sur les réseaux sociaux, assure la Place Beauvau.

En septembre 2020, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait initié, après la catastrophe industrielle de Lubrizol survenue un an plus tôt, le chantier de “FR-Alerte”, le nom de ce nouveau système à 50 millions d’euros. Celui-ci devrait donc combler les lacunes de SAIP en combinant 2 technologies : la diffusion cellulaire (cell broadcast) d’abord, puis les SMS géolocalisés dans un second temps. La première permet d’envoyer massivement et presque immédiatement des notifications (y compris sonores) sur les portables de toutes les personnes d’une zone géographique donnée, via les réseaux 4G et 5G des opérateurs. La seconde permet d’envoyer de simples SMS à toutes les personnes situées à proximité d’une antenne relais d’une zone spécifique sur les réseaux plus anciens. Plus lourde et plus lente, cette seconde technologie permettra néanmoins de toucher l’ensemble des téléphones portables, et pas seulement les smartphones.

Les alertes diffusées informeront les citoyens sur la nature du risque encouru (inondation, incendie, tempête, épidémie, incident nucléaire, attentat…), la localisation du danger et le comportement à adopter en conséquence. FR-Alerte fait l’objet, depuis avril et jusqu’à la fin juin, de tests en conditions réelles, dans les Bouches-du-Rhône notamment. D’ici le déploiement officiel et national, la réception d’une notification “n’appelle aucune action de la part de la population, ni aucun comportement de mise en sécurité à respecter”, précise le ministère de l’Intérieur.

Fini l’application mobile en libre téléchargement

Avec FR-Alerte, la Place Beauvau compte bien tourner la page de SAIP. L’application mobile avait été débranchée seulement deux ans après sa mise en service. Lancée en juin 2016, avant l’Euro de football, elle s’était rendue célèbre pour ses nombreux dysfonctionnements. Lors de la prise d’otages au supermarché de Trèbes, en mars 2018 – qui avait coûté la vie à l’officier de gendarmerie Arnaud Beltrame –, SAIP avait par exemple manqué de déclencher une alerte. Après l’attentat de Nice, en juillet 2016, les utilisateurs n’avaient reçu le message confirmant la fin de l’alerte qu’un mois plus tard…

Dans un rapport publié en août 2017, le sénateur Jean-Pierre Vogel pointait déjà le manque de pertinence des choix opérés par le gouvernement. “Alors qu’une technologie permettant de diffuser un message sur l’ensemble des téléphones mobiles présents sur une zone d’alerte était initialement privilégiée [le cell broadcast, ndlr], elle a été remplacée en 2015 par le développement d’une application smartphone (nommée SAIP) en libre téléchargement”, dénonçait-il dans son rapport.

Deux ans après son lancement, l’application n’avait été téléchargée que par 900 000 utilisateurs, limitant considérablement son potentiel, alors qu’un système basé sur l’envoi de SMS aurait pu garantir la réception de l’alerte par le plus grand nombre.

Article Acteurs Publics du 14 juin 2022

Article publié le 15 juin 2022.


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